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Violences basées sur le genre au Bénin : des chiffres alarmants malgré un arsenal juridique renforcé

Alors que le Bénin a multiplié ces dernières années les initiatives juridiques et sociales pour lutter contre les violences basées sur le genre (VBG), les statistiques fournies par l’Observatoire de la femme, de la…

Par merdiuscodjovi · Publié le 5 mai 2025 · Mis à jour le 20 janvier 2026 · 3 min de lecture


Alors que le Bénin a multiplié ces dernières années les initiatives juridiques et sociales pour lutter contre les violences basées sur le genre (VBG), les statistiques fournies par l’Observatoire de la femme, de la famille et de l’enfant (Offe) révèlent une situation toujours préoccupante.

À travers son Système intégré des données relatives à la famille, la femme et l’enfant Nouvelle Génération (Sidoffe-NG), l’Offe fait état de 94 001 cas recensés et pris en charge entre janvier 2020 et septembre 2023. Parmi les victimes, 86,17 % sont des femmes et des filles.

La notion de violences basées sur le genre recouvre tout acte préjudiciable perpétré contre une personne ou un groupe en raison de son sexe, de son genre, de son orientation ou de son identité de genre, réelle ou perçue.

Au Bénin, les femmes continuent d’en être les principales victimes, en dépit de l’existence d’un cadre juridique robuste censé prévenir et réprimer de tels actes. Ce cadre comprend notamment la loi n°2011-26 du 9 janvier 2012 relative à la prévention et à l’interdiction de la violence à l’égard des femmes, et la loi n°2021-11 du 20 décembre 2021 sur la répression des infractions commises à raison du sexe et la protection de la femme.

Les données disponibles indiquent qu’entre 2020 et 2023, 58 469 cas de VBG ont été recensés : 13 465 cas en 2020, 12 120 en 2021, 16 261 en 2022 et 16 623 en 2023. À fin octobre 2024, le nombre de cas enregistrés s’élève déjà à 19 421. Les départements du Zou (9 590 cas), du Borgou (6 392), de l’Atlantique (6 078), des Collines (5 035), de l’Ouémé (7 018) et du Couffo (4 149) figurent parmi les zones les plus touchées, concentrant à eux seuls plus de la moitié des signalements.

Les données font aussi ressortir une forte prévalence des cas parmi les adultes : 69,83 % des victimes ont entre 18 et 59 ans, tandis que 18,73 % ont entre 15 et 17 ans. Des communes comme Parakou, Cotonou, Djougou, Abomey, Bohicon, Sô-Ava, Dassa, Covè et Ouèssè sont citées parmi celles ayant enregistré les taux les plus élevés.

En ce qui concerne la typologie des violences, les violences psychologiques occupent une place prépondérante avec 47,06 % des cas, soit 44 235 signalements.

Elles incluent des actes répétés de harcèlement moral, de marginalisation, de négligence affective, ou encore d’insultes et d’humiliations. Rien qu’en 2023, plus de 11 000 cas ont été enregistrés pour des victimes adultes, et plus de 5 000 pour la période allant de janvier à juin 2024.

Les violences physiques, bien que souvent les plus visibles, ne représentent que 15,17 % des cas totaux sur la période étudiée.

En 2023, 4 312 cas ont concerné des victimes de plus de 18 ans, tandis que sur les six premiers mois de 2024, 3 070 cas similaires ont été enregistrés. Les violences économiques, quant à elles, représentent 12 % des cas documentés. Elles se manifestent par des formes de contrôle ou de privation des ressources financières et économiques, notamment l’interdiction d’exercer une activité professionnelle ou le refus de subvenir aux besoins du foyer.

En 2023, plus de 3 400 cas de ce type ont été répertoriés.

Enfin, les violences sexuelles demeurent également préoccupantes, bien qu’en deçà des violences psychologiques en termes de volume statistique.

Elles englobent les actes sexuels non consentis, les abus, les attouchements ou les rapports forcés, ayant pour effet de porter atteinte à la liberté et à l’intégrité physique des victimes.

Malgré l’existence d’un arsenal juridique fourni et d’un système de collecte de données renforcé, les chiffres montrent que les violences basées sur le genre demeurent un fléau persistant au Bénin. Ces données appellent à une réévaluation des mécanismes de prévention, d’accompagnement des victimes et de répression des auteurs.

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