VBG

Afghanistan : un nouveau Code pénal ravive les inquiétudes sur les droits des femmes

Promulgué début janvier par le chef suprême des talibans et rendu public plusieurs jours plus tard, un nouveau Code pénal en Afghanistan suscite une vague de critiques internationales.

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 19 juin 2026 · 2 min de lecture

Afghanistan : un nouveau Code pénal ravive les inquiétudes sur les droits des femmes

Promulgué début janvier par le chef suprême des talibans et rendu public plusieurs jours plus tard, un nouveau Code pénal en Afghanistan suscite une vague de critiques internationales. Organisations de défense des droits humains et responsables onusiens dénoncent un texte qui affaiblit davantage la protection juridique des femmes et renforce les mécanismes de contrôle sur leur vie quotidienne.

Une justice qui protège peu les victimes

Le nouveau texte introduit plusieurs dispositions controversées concernant les relations conjugales. Selon des organisations de défense des droits humains, certaines formes de sanctions exercées par le mari dans le cadre du foyer seraient désormais tolérées sous certaines conditions.

En théorie, des recours judiciaires existent pour les femmes victimes de violences. Mais dans la pratique, les conditions imposées pour porter plainte rendent l’accès à la justice particulièrement difficile : exigences de preuve élevées, procédures restrictives et dépendance à l’égard d’un accompagnement masculin. Pour plusieurs observateurs, ces dispositions créent un système où la reconnaissance des violences devient plus complexe que leur prévention.

Le contrôle du foyer s’étend au-delà du couple

Le texte prévoit également des restrictions sur les déplacements et les décisions personnelles des femmes mariées. Certaines situations de refuge auprès de proches peuvent désormais entraîner des conséquences juridiques.Des défenseurs des droits humains estiment que ces règles renforcent une dépendance institutionnelle des femmes au sein de la cellule familiale et réduisent leur capacité à chercher protection ou assistance. Ces mesures s’inscrivent dans un contexte plus large de limitation progressive des libertés accordées aux femmes depuis le retour des talibans au pouvoir.

Une condamnation croissante de la communauté internationale

Depuis plusieurs années, l’Afghanistan fait l’objet de critiques répétées concernant les droits des femmes et des filles, notamment sur l’éducation, l’emploi, la mobilité et la participation à la vie publique.Des responsables des Nations unies alertent désormais sur une détérioration continue des garanties fondamentales et appellent les autorités afghanes à aligner leur cadre juridique sur les engagements internationaux relatifs aux droits humains.

Pour plusieurs observateurs, le débat dépasse aujourd’hui la seule question juridique : il interroge la place accordée aux femmes dans la société afghane et les limites imposées à leur autonomie.

Partager :

Dans la même rubrique