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Une professeure kényane plaide pour un changement de paradigme dans le leadership universitaire face aux violences basées sur le genre

Nairobi, 7 septembre 2025 – Pour Suki Wanza Nyadawa, professeure à la Kenya College of Accountancy University (KCAU), l’université africaine doit opérer une transformation profonde.

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 8 septembre 2025 · 2 min de lecture

Une professeure kényane plaide pour un changement de paradigme dans le leadership universitaire face aux violences basées sur le genre

Nairobi, 7 septembre 2025 – Pour Suki Wanza Nyadawa, professeure à la Kenya College of Accountancy University (KCAU), l’université africaine doit opérer une transformation profonde.

Selon elle, seul « un changement de paradigme dans le leadership académique » permettra de répondre efficacement à la persistance des violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG) dans l’enseignement supérieur.

Une crise persistante et systémique

Intervenant lors de la deuxième Conférence africaine des femmes théologiennes, tenue à Nairobi le 3 septembre, Mme Wanza a rappelé que plus de 40 % des étudiants des universités publiques kényanes subissent une forme de violence, les femmes étant les principales victimes.
« Les cas d’enseignants exigeant des faveurs sexuelles contre de meilleures notes sont bien réels. Cela concerne à la fois les étudiantes et les étudiants. La VSBG reste une crise persistante au Kenya, mais aussi dans le monde entier », a-t-elle dénoncé.

Elle a attribué cette persistance à un échec de gouvernance et à « une culture d’impunité généralisée ». Trop d’institutions, selon elle, se contentent d’une conformité de façade, ce qui « décourage les victimes de témoigner et laisse perdurer la violence comme si elle faisait partie de la culture académique ».

Gouvernance éthique et responsabilité institutionnelle

Pour rompre ce cercle vicieux, Mme Wanza appelle à un leadership universitaire proactif et éthique. Il s’agit, selon elle, de passer « d’une conformité passive à une gouvernance transparente et responsable », capable de :

-Démanteler la violence structurelle,

-protéger les espaces académiques,

-garantir l’équité et la tolérance zéro face à la violence.

« Nous pouvons avoir des politiques sur la VSBG, mais sans un véritable engagement du leadership, elles resteront lettre morte. Les établissements doivent appliquer ce qu’ils ont eux-mêmes adopté », a-t-elle insisté.

Elle plaide également pour une institutionnalisation des passerelles entre recherche et politiques, afin que les données collectées guident la prévention et les réponses adaptées.

Vers des campus sûrs et inclusifs

Mme Wanza a mis en avant la nécessité de créer des environnements d’apprentissage sûrs, où respect et responsabilité seraient au cœur de la vie universitaire.
Elle recommande notamment :

la formation du personnel enseignant, administratif et étudiant aux approches sensibles au genre,

une meilleure collaboration avec les organisations de prévention des violences basées sur le genre,

un soutien accru aux bureaux chargés de traiter les cas de VSBG.

« Les universités doivent protéger leurs étudiants de toutes formes de violence et bâtir une culture de tolérance zéro. Cela exige un leadership stable, engagé et visionnaire », a conclu la professeure.

Un débat continental

La conférence, organisée par le Hekima University College en partenariat avec le mouvement religieux Watawa wa Taa (Femmes consacrées de la Lumière), visait à donner une tribune aux théologiennes africaines. Elle a également servi de plateforme pour réfléchir à la manière dont le leadership féminin et académique peut contribuer à transformer la gouvernance éducative et ecclésiale en Afrique et au-delà.

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