Violences sexuelles

Traite humaine : des femmes africaines vendues en ligne au Moyen-Orient, un crime encore impuni

Depuis plusieurs années, des femmes africaines, majoritairement nigérianes, sont victimes d’un système de traite humaine au Moyen-Orient, facilité par les réseaux sociaux et le silence des autorités.

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 4 janvier 2026 · 2 min de lecture

Depuis plusieurs années, des femmes africaines, majoritairement nigérianes, sont victimes d’un système de traite humaine au Moyen-Orient, facilité par les réseaux sociaux et le silence des autorités.

En 2019, une affaire révélée sur internet a brutalement mis en lumière une pratique aussi choquante qu’inhumaine : la vente en ligne de travailleuses domestiques noires, assimilées à de simples marchandises.

Cette année-là, une publication diffusée dans un groupe Facebook libanais intitulé « Achat et Vente au Liban » a suscité une vague d’indignation internationale. Un homme, identifié comme Wael Jerro, y proposait une femme nigériane à la vente, documents d’identité à l’appui, pour la somme de 1 000 dollars. Le message, rédigé en arabe, décrivait la victime en termes purement utilitaristes, niant toute humanité.

Une traite modernisée et numérisée

L’affaire, relayée par la presse africaine et occidentale, a révélé l’existence de réseaux numériques privés où des femmes africaines sont vendues, achetées et parfois revendues, notamment au Liban et dans d’autres pays du Moyen-Orient. Ces groupes, fermés et inaccessibles aux personnes noires, servent de marchés clandestins où le corps des femmes devient un bien échangeable.

Selon plusieurs témoignages d’ONG et de militants des droits humains, les femmes ainsi exploitées vivent sous un régime de domination totale. Privées de liberté, dépendantes de leurs “employeurs”, elles sont exposées à des abus systématiques, dans un cadre rendu possible par des dispositifs juridiques discriminatoires et un manque criant de protection.

Le silence des États et la complicité institutionnelle

Malgré les preuves documentées et les alertes répétées de la société civile, les autorités locales sont accusées de passivité, voire de complaisance. Aucun mécanisme efficace n’a été mis en place pour démanteler ces réseaux ou protéger les victimes. Cette inertie institutionnelle interroge, d’autant plus que certains pays africains entretiennent des relations diplomatiques étroites avec les États concernés.

Pour les organisations féministes africaines, cette situation révèle une hiérarchisation raciale et genrée des vies humaines, où le corps des femmes africaines reste vulnérable, exploitable et invisible.

En 2025 et à l’heure où nous écrivons, cette réalité persiste. Pour Terre et Femme, il est urgent de briser le silence, d’informer, de documenter et d’exiger des réponses politiques fortes. La lutte contre la traite humaine ne peut être dissociée de la défense des droits des femmes, de la justice raciale et de la responsabilité des États. Sensibiliser, c’est déjà résister. Et refuser que des femmes africaines continuent d’être réduites à des marchandises à l’ère du numérique.

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