Au moins 1 000 civils ont été tués en avril 2025 dans le camp de déplacés de Zamzam, au Darfour-Nord, lors d’une offensive des Forces de soutien rapide (FSR), selon un rapport du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme. Mais au-delà du bilan humain déjà accablant, le document met en lumière une réalité plus sombre encore : les violences sexuelles massives infligées aux femmes et aux filles comme arme de terreur.
Des violences sexuelles utilisées comme stratégie de domination
Le rapport onusien fait état d’au moins 104 victimes de violences sexuelles, dont 75 femmes et 26 filles, entre le 11 avril et le 20 mai. Violences individuelles, viols collectifs et esclavage sexuel auraient été commis aussi bien à l’intérieur du camp que sur les routes de fuite.
Pour l’ONU, ces exactions ne relèvent pas de dérives isolées mais d’actes délibérés visant à terroriser les communautés, en s’attaquant en priorité aux corps féminins, souvent perçus comme symboles de la cohésion sociale.
Femmes déplacées, femmes surexposées
Avant l’attaque, le camp de Zamzam abritait jusqu’à un million de personnes. Après l’assaut, près de 400 000 civils ont fui, pour la plupart vers Tawila, où plus de 650 000 déplacés vivent désormais dans des conditions extrêmement précaires.
Dans ces déplacements forcés, les femmes et les filles restent les plus vulnérables : exposition accrue aux agressions, absence de soins adaptés, traumatismes psychologiques durables et quasi-impossibilité d’accéder à la justice.
Une urgence humanitaire et féminine ignorée
Le Haut-Commissariat qualifie ces faits de violations graves et systématiques du droit international humanitaire. Pour Volker Türk, chef de l’agence onusienne, il est urgent de mettre fin à ce cycle de violences, de traduire les responsables en justice et de garantir réparation aux victimes.
Alors que la guerre au Soudan a déjà provoqué des dizaines de milliers de morts et la pire crise humanitaire mondiale selon l’ONU, les violences faites aux femmes demeurent insuffisamment prises en compte, reléguées derrière les enjeux militaires et diplomatiques.
À Zamzam, comme ailleurs dans les zones de conflit, le corps des femmes est devenu un champ de bataille. Le silence international face à ces crimes risque de les rendre ordinaires. Or, aucune paix durable ne peut se construire sur l’impunité des violences de genre.


