Violences sexuelles

Quand l’horreur se cache dans la famille : briser le silence des violences sexuelles sur mineurs

Et si le danger venait de l’intérieur ? On apprend aux enfants à se méfier des inconnus, mais rarement à se protéger de ceux qui partagent leur quotidien.

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 5 septembre 2025 · 3 min de lecture

Quand l’horreur se cache dans la famille : briser le silence des violences sexuelles sur mineurs

Et si le danger venait de l’intérieur ? On apprend aux enfants à se méfier des inconnus, mais rarement à se protéger de ceux qui partagent leur quotidien. Pourtant, pour de nombreuses victimes, l’horreur a commencé au sein même de la famille. Ces histoires, bien trop courantes, restent encore enterrées sous le silence, la honte ou la peur de « salir » l’honneur familial.

Au Bénin comme ailleurs, de nombreux cas d’abus sexuels sur mineurs se déroulent dans le cercle familial, souvent sous silence. Honneur, peur ou tabous empêchent les victimes de parler.

Une jeune femme, qui a souhaité garder l’anonymat, a accepté de livrer à notre rédaction son témoignage bouleversant.

Au cœur de nombreuses familles, des drames se jouent dans le silence. Les violences sexuelles faites aux enfants sont souvent perpétrées par des proches, mais rarement dénoncées. Une victime, qui a souhaité rester anonyme, a accepté de livrer son histoire pour rappeler l’urgence d’en parler.

Des abus cachés derrière les murs familiaux

Selon l’UNICEF, près d’une fille sur cinq subira des violences sexuelles avant ses 18 ans. Dans la majorité des cas, l’agresseur est un membre de la famille ou un proche. Pourtant, ces crimes restent enfouis, étouffés par la peur, le chantage ou le poids de « l’honneur familial ».

Le témoignage d’une survivante

« J’avais à peine cinq ans quand tout a commencé », confie la jeune femme. À l’époque, un oncle était venu vivre chez eux pour poursuivre ses études. L’accueil fut chaleureux, comme il est de coutume dans de nombreuses familles africaines où solidarité et hospitalité sont des valeurs cardinales.

Mais derrière cette façade, l’inimaginable s’est produit. Au fil des mois, cet oncle a commencé à abuser d’elle. « Il me menaçait de tuer mes parents dans leur sommeil si je parlais. J’étais terrifiée. » Pendant des années, l’enfant a gardé le silence, prisonnière d’une peur constante.

Aujourd’hui encore, elle n’a jamais trouvé le courage d’avouer la vérité à sa mère. « Je vis avec ce poids depuis toujours. Lui, il est toujours là, comme si rien ne s’était passé. »Ces violences ont laissé des traces profondes : perte de confiance, culpabilité, difficultés relationnelles. « On m’a volé mon enfance. Le plus douloureux, c’est le silence. »

Un silence qui tue deux fois

Les violences sexuelles intrafamiliales sont parmi les plus destructrices. En plus du traumatisme de l’acte, l’absence de reconnaissance par la famille enferme la victime dans une double souffrance : celle d’avoir été agressée et celle de ne pas être entendue.

Une psychologue spécialisée témoigne : « Trop souvent, la société préfère protéger l’agresseur pour éviter le scandale, au détriment de l’enfant. Ce mécanisme de déni aggrave le traumatisme et favorise l’impunité. »

Briser le tabou, une urgence collective

Mettre fin à ces violences passe d’abord par la libération de la parole. Oser écouter les enfants, créer des espaces sûrs pour témoigner, renforcer les services sociaux et la justice sont des étapes indispensables.« À toutes celles qui vivent encore ça, je veux dire : vous n’êtes pas coupables. Votre parole compte. Même si votre entourage ne vous croit pas, cherchez de l’aide ailleurs », insiste la survivante.

Ce témoignage est loin d’être un cas isolé. Derrière les portes closes de nombreuses familles, des enfants continuent de subir l’indicible. Les protéger ne devrait pas être un choix, mais un devoir collectif.

Briser le Si vous êtes victime ou si vous connaissez une victime, n’attendez plus.

Contactez Terre et Femme ou l’Institut National de la Femme.Ne laissez pas la peur détruire votre vie ni celle d’autres enfants. Votre voix peut sauver.silence, c’est leur offrir une chance de se reconstruire et d’espérer.

Terre et Femme : +2290154272013

Institut national de femme : +229 0151 07 88 88

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