Du 17 au 19 septembre 2025, Abomey-Calavi a accueilli le Forum National des Jeunes sur les Droits et la Santé Sexuels et Reproductifs (FoNaJ DSSR). Trois jours de débats, panels et ateliers ont réuni jeunes leaders, organisations de la société civile, chercheurs et décideurs pour réfléchir aux solutions innovantes et inclusives dans le domaine de la santé sexuelle et reproductive.
La jeunesse, cible et moteur de transformation
Lors de la session d’ouverture jusqu’à la fin, plusieurs acteurs ont rappelé la place centrale des jeunes dans la promotion des DSSR.Selon le Dr DDS Couffo, « la jeunesse constitue une cible pour nous », soulignant la nécessité d’adapter les politiques de santé à leurs réalités.

Pour un autre intervenant du secteur médical, « le but ultime est d’avoir une sexualité épanouie », ce qui implique un meilleur accès à l’information, aux services et à l’éducation sexuelle complète.
Des organisations de jeunes au premier plan
Si des avancées ont été relevées, des défis persistent, notamment dans la coordination des initiatives.Comme l’a exprimé un panéliste, « il y a des difficultés car les organisations des jeunes sont nombreuses. Les jeunes ne sont plus des victimes mais des architectes ».Cette affirmation résume bien l’esprit du forum : la jeunesse ne subit plus, elle construit, elle innove et elle propose.
Au cœur de ce forum, les témoignages des jeunes participants ont donné une dimension humaine aux débats. Pour Célestine H., étudiante en sociologie et militante associative, « ce genre de rencontre permet de sortir du silence. On réalise qu’on n’est pas seuls à vivre certains blocages, que ce soit dans l’accès à la contraception ou dans la possibilité de parler librement de sexualité avec nos parents ». De son côté, Rodrigue A., jeune leader communautaire venu du Nord du Bénin, a insisté sur la nécessité d’une meilleure prise en compte de la diversité des réalités locales : « Les défis des jeunes en milieu rural ne sont pas les mêmes qu’en ville. Il faut adapter les stratégies et aller vers ceux qui n’ont pas internet ni centres de santé proches ».
Enfin, pour Mariam Koboura., représentante d’une organisation féministe, la question de l’autonomie corporelle est avant tout une affaire de justice sociale : « Quand une jeune fille doit interrompre ses études à cause d’une grossesse non désirée, ce n’est pas seulement son avenir qui est compromis, mais aussi celui de toute une communauté. C’est pourquoi nous demandons que la santé sexuelle et reproductive devienne une priorité nationale, pas une option ».Ces paroles, empreintes de sincérité, traduisent la volonté d’une jeunesse prête à transformer les obstacles en opportunités.
Elles illustrent aussi la dynamique impulsée par le FoNaJ DSSR 2025 : passer du plaidoyer aux actions concrètes, en mettant les jeunes eux-mêmes au centre des solutions.
Une dynamique collective à poursuivre
Au-delà des panels, ce forum a été marqué par des espaces d’expression artistique, des échanges directs entre institutions et jeunes, ainsi qu’une forte volonté de créer des passerelles entre engagement citoyen et politiques publiques.

Le FoNaJ DSSR 2025 s’est conclu avec un appel clair : transformer les idées débattues en actions concrètes sur le terrain, afin de bâtir une société où chaque jeune et chaque femme peut jouir pleinement de ses droits et de son autonomie corporelle.


