À Nkolfon, au Cameroun, l’assassinat de Daphné, 12 ans, met une fois de plus en lumière l’extrême vulnérabilité des filles face aux violences basées sur le genre. Ce drame n’est pas un fait isolé, mais le symptôme d’un système qui échoue à protéger les filles, à prévenir les violences sexuelles et à garantir le droit fondamental des femmes et des enfants à la sécurité.
Une fillette, des droits bafoués
Daphné était élève en classe de 6ᵉ. Disparue le 4 janvier, elle a été retrouvée sans vie quelques jours plus tard. Au-delà de l’émotion légitime, ce crime pose une question centrale : où en est la protection des droits des filles ?Le droit à la vie, à la dignité, à l’intégrité physique et psychologique n’est pas négociable. Pourtant, pour trop de filles, ces droits restent théoriques.
La violence sexuelle contre les mineures est une violation grave des droits humains, reconnue par les conventions internationales ratifiées par nos États, mais insuffisamment traduite en protection effective sur le terrain.
Violences basées sur le genre : un phénomène structurel
Les violences basées sur le genre ne sont ni des accidents ni des dérives individuelles. Elles s’inscrivent dans des rapports de pouvoir profondément inégalitaires, où le corps des filles et des femmes est trop souvent perçu comme disponible, contrôlable, violable. Le silence, la peur de dénoncer, la stigmatisation des victimes et la lenteur judiciaire entretiennent l’impunité.
Dans ce contexte, chaque crime non prévenu est aussi l’échec des politiques publiques de prévention, d’éducation à l’égalité et de protection de l’enfance.
Justice, prévention et responsabilité collective
Rendre justice à Daphné ne se limite pas à sanctionner les auteurs. Cela implique des enquêtes rigoureuses, des poursuites effectives et des peines dissuasives, mais aussi un engagement durable :
– renforcer la protection des enfants et des filles ;
– intégrer l’éducation à l’égalité et au consentement ;
– soutenir les mécanismes de signalement et de prise en charge des victimes ;
– responsabiliser les institutions, les communautés et les médias.
Le journalisme de genre a un rôle clé : nommer les violences, refuser la banalisation, centrer les droits des victimes et interpeller les décideurs. Dire « plus jamais ça » n’a de sens que si cela se traduit en actions concrètes.
Daphné ne doit pas devenir un simple nom de plus.Son histoire oblige. À protéger les filles. À défendre leurs droits. À lutter, sans compromis, contre toutes les formes de violences basées sur le genre.Pas une de plus.


