
Selon l’ONU, chaque degré supplémentaire au thermomètre augmente de 4,7 % les violences conjugales dans le monde. Les vagues de chaleur, déjà meurtrières pour l’environnement et la santé, exacerbent aussi les violences sexistes. En France, les féminicides augmentent de 28 % lors de ces épisodes climatiques extrêmes.
Une alerte mondiale sur le lien entre climat et violences sexistes
En avril 2025, un rapport des Nations unies a mis en lumière un phénomène alarmant : le réchauffement climatique aggrave les violences faites aux femmes. L’étude montre qu’à l’échelle mondiale, chaque hausse de 1 °C de la température moyenne entraîne une augmentation notable des violences au sein du couple.
En France, le collectif Nous Toutes a recensé 136 féminicides en 2023. Une étude espagnole de 2018, menée dans la région de Madrid entre mai et septembre sur la période 2008-2016, a révélé que les féminicides y bondissaient de 28 % lors des vagues de chaleur.
Les mécanismes physiologiques et sociaux derrière la violence
Les chercheurs soulignent que la chaleur extrême agit sur le corps et le comportement : accélération du rythme cardiaque, hausse de la pression artérielle, élévation du taux de cortisol (hormone du stress). Ces changements favorisent irritabilité, perte de contrôle de soi et baisse de la tolérance à la frustration.
À ces effets biologiques s’ajoutent des facteurs sociaux : les vagues de chaleur isolent davantage les femmes, souvent confinées dans leur domicile avec un conjoint violent, réduisant leurs possibilités de demander de l’aide ou de fuir.
L’urgence d’une approche intersectionnelle face au changement climatique
Ces données rappellent que la crise climatique est aussi une crise des droits humains et de l’égalité femmes-hommes. Les femmes, notamment dans les pays d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, subissent une double vulnérabilité : les impacts environnementaux et la montée des violences sexistes.
Les politiques de lutte contre le changement climatique doivent intégrer cette dimension intersectionnelle afin de protéger les droits des femmes et de prévenir la violence, car la hausse des températures n’est pas qu’une menace écologique , c’est une urgence féministe et universelle.

