Climat & environnement

Zones humides et inondations à Porto-Novo : les femmes en première ligne face aux défis climatiques

Akron, un quartier de pêcheurs situé à une trentaine de kilomètres de Cotonou, est l’un des quatre sites humides les plus vulnérables du Bénin.

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 10 mars 2025 · 3 min de lecture


Akron, un quartier de pêcheurs situé à une trentaine de kilomètres de Cotonou, est l’un des quatre sites humides les plus vulnérables du Bénin. Cette localité, bercée par les eaux de la lagune de Porto-Novo, incarne un paradoxe saisissant : d’un côté, une richesse écologique inestimable, et de l’autre, une menace permanente pour ses habitants.

Dans cette zone où l’eau façonne les rythmes de vie, les inondations récurrentes accentuent les difficultés quotidiennes, et ce sont les femmes qui en paient le plus lourd tribut.

Dans son émission Nature & Vie, la journaliste Pulchérie Adjoha nous plonge au cœur de cette réalité où le changement climatique amplifie les inégalités sociales et économiques. À travers le regard des habitants d’Akron, nous découvrons les conséquences dramatiques des inondations sur les conditions de vie, la santé et la sécurité alimentaire.

Quand l’eau devient une menace : un quotidien bouleversé

Les zones humides sont des écosystèmes essentiels pour la biodiversité et l’équilibre climatique. Pourtant, lorsqu’elles ne sont pas aménagées de manière adaptée, elles deviennent un véritable cauchemar pour ceux qui y vivent.

À Akron, chaque saison pluvieuse apporte son lot d’incertitudes et de souffrances. L’eau envahit les habitations, détruit les infrastructures précaires et isole les populations.
« Lorsqu’il pleut abondamment, l’eau monte rapidement et nous devons tout abandonner », confie André Oussou, un jeune pêcheur désigné par le chef du quartier pour accompagner l’équipe de reportage. « Les routes deviennent impraticables, les écoles ferment, et nos activités de pêche sont perturbées. »

Mais au-delà des pertes matérielles, c’est toute l’organisation sociale qui est bouleversée.

Pour les femmes, dont le rôle est central dans la survie des foyers, ces inondations sont synonymes d’une précarité accrue. Privées de leurs moyens de subsistance, elles doivent redoubler d’ingéniosité pour nourrir leurs familles.

Gbedozin Lokossou, un pêcheur de 70 ans, se souvient d’un temps où l’eau était une alliée, une source de vie et de prospérité. « Avant, nous pêchions sans crainte et nous vivions en harmonie avec notre environnement. Aujourd’hui, l’eau nous chasse de nos maisons et nous rend malades. »

Femmes et changement climatique : entre vulnérabilité et résilience

Dans les quartiers de pêcheurs de Porto-Novo, les femmes jouent un rôle essentiel dans l’économie locale.

Elles transforment et vendent le poisson, gèrent les foyers et assurent l’éducation des enfants. Pourtant, elles sont les premières à souffrir des conséquences des inondations.

Le manque d’eau potable, combiné aux eaux stagnantes qui favorisent la prolifération des moustiques, expose ces femmes et leurs familles à des risques sanitaires accrus. Paludisme, infections cutanées, maladies hydriques : autant de fléaux qui viennent alourdir un quotidien déjà difficile.

Mais au-delà de leur vulnérabilité, ces femmes font preuve d’une résilience remarquable.

Conscientes des dangers qui les guettent, elles s’organisent pour trouver des solutions. Certaines, à l’image de groupes de femmes transformatrices de poissons, mettent en place des stratégies pour s’adapter aux nouvelles réalités climatiques.

Cependant, leurs efforts restent insuffisants face à l’ampleur du problème. Le manque de politiques adaptées et le peu d’infrastructures de protection contre les inondations les laissent souvent démunies. Comme l’explique Pulchérie Adjoha dans son reportage, il est urgent d’intégrer ces femmes dans les décisions liées à l’aménagement du territoire et à l’adaptation au changement climatique.

Un avenir incertain, mais une lueur d’espoir

Si les inondations d’Akron illustrent les effets dévastateurs du changement climatique, elles rappellent aussi l’importance d’une action concertée. Les autorités locales, les organisations environnementales et la société civile doivent unir leurs forces pour mettre en place des solutions durables.

Des initiatives existent déjà : construction de digues, sensibilisation aux bonnes pratiques environnementales, développement de systèmes d’alerte précoce. Mais ces mesures restent timides face à l’urgence de la situation.

« Nous avons besoin d’un engagement plus fort, d’infrastructures adaptées et surtout d’une écoute attentive des populations concernées », insiste une habitante d’Akron. « Si nous sommes plus impliquées dans les décisions, nous pourrons mieux organiser notre survie et celle de nos enfants. »

L’émission Nature & Vie met ainsi en lumière une réalité incontournable : les femmes doivent être au cœur de l’action climatique. Car si elles sont les premières victimes des catastrophes naturelles, elles en sont aussi les premières actrices de changement.

L’avenir des zones humides comme Akron dépendra de la capacité des gouvernements et des organisations à prendre des décisions éclairées. Un avenir plus durable est encore possible, mais il passe inévitablement par une prise de conscience collective et un engagement concret en faveur des populations les plus vulnérables.


Regardez le reportage complet ici :http://sharevideo1.com/v/NEZUUURQWFRhMGc=?t=ytb&f=co

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