À la 7ᵉ édition de la Week-Eco, organisée à Kpalimé du 12 au 16 août, un nom a retenu l’attention : Bendjedid Rachad Sanoussi. Responsable plaidoyer au sein d’Ecolotrip, il incarne une génération de jeunes africains convaincus que le numérique et la justice climatique doivent avancer ensemble. Son credo ? « Le numérique sans conscience n’est que chaos pour l’humanité et pour la planète ».
Le numérique comme levier de conscience et d’action
Pour Bendjedid Rachad Sanoussi, la vision de cette édition était claire : « ancrer le numérique dans la lutte contre les changements climatiques, mais pas n’importe comment : de manière consciente, responsable et éthique ». Derrière cette conviction, une stratégie : former les jeunes à l’usage responsable du digital, catalyser l’innovation et consolider un réseau francophone fort.
L’un des moments phares a été la première séance de travail des Jeunes Experts Francophones (JEF) pour les Contributions Déterminées au niveau National (CDN). Huit jeunes experts sur douze étaient présents à Kpalimé. Ensemble, ils ont bâti un premier draft de la Déclaration de Kpalimé, remis au maire de la ville. Une étape symbolique qui ancre l’édition 2025 dans l’histoire d’Ecolotrip, dix ans après sa création.

Mais ce succès n’a pas été sans difficultés : coordination de jeunes venus de différents pays, recherche de financements, imprévus logistiques « La force de notre réseau et la conviction que ce que nous faisions avait du sens nous ont tenus debout », confie Bendjedid. Le résultat : des débats nourris, des ateliers pratiques, et surtout une énergie collective qui dépasse les frontières.
De la Déclaration de Kpalimé aux petites victoires locales.
Pour le responsable plaidoyer, l’impact de cette édition ne doit pas rester théorique : « Nous ne voulions pas que la Week-Eco soit juste un moment d’inspiration ». La Déclaration de Kpalimé a été conçue comme un outil concret : plaidoyer auprès des autorités, sessions régulières avec les jeunes experts, interventions prévues lors de la COY20 et de la COP30.
Chaque participant est reparti avec des recommandations adaptées à sa réalité locale. « L’idée, dit-il, c’est que les engagements se traduisent en petites victoires locales : formations, projets verts, innovations numériques. » Un suivi est prévu pour que ces recommandations ne restent pas des mots, mais se traduisent en actions communautaires.
Genre, inclusion et avenir de la Week-Eco
L’édition 2025 a aussi marqué un tournant sur la question du genre. Sous la coordination d’une femme, la dynamique s’est révélée plus inclusive. « Nous avons mis en avant les femmes, surtout rurales, car elles sont souvent en première ligne face aux impacts climatiques », insiste Bendjedid.
Pour lui, la transition écologique ne peut pas se faire sans elles : « Le numérique peut être un levier d’égalité, à condition de le rendre accessible ».Quant à l’avenir, le responsable plaidoyer est clair : la Week-Eco doit devenir à la fois un laboratoire d’idées et une fabrique d’actions. « Nous voulons plus de synergies, plus d’accompagnement concret des projets des jeunes, plus de ponts avec le secteur privé et la coopération internationale », explique-t-il.
Avec le programme Gener’Action CDN, le hub des Jeunes Experts Francophones sera élargi pour influencer davantage les politiques climatiques en Afrique.


