
Donald Trump, réinvesti président des États-Unis ce 20 janvier, annonce un programme aux allures inquiétantes pour l’environnement. Porté par un agenda résolument pro-énergies fossiles, l’ancien président réitère sa volonté de démanteler les régulations environnementales en place et de favoriser une exploitation accrue des ressources naturelles.
Son premier mandat avait déjà laissé des séquelles : retrait des États-Unis de l’Accord de Paris, annulation ou réduction de 125 politiques environnementales (selon le Washington Post), et un lourd bilan humain. Une étude publiée dans The Lancet estime que les abrogations de réglementations anti-pollution ont entraîné 22 000 décès supplémentaires en 2019.
La reconduction de Trump à la présidence fait craindre une amplification de ces dégâts.
L’attaque systématique contre l’environnement
Au cœur de ce programme se trouve le Project 2025, un plan détaillé de 900 pages publié par The Heritage Foundation, un think tank ultraconservateur.
Il préconise des coupes budgétaires drastiques et le démantèlement des cadres juridiques majeurs tels que le Clean Air Act et l’Endangered Species Act. Ce projet critique également la National Oceanic and Atmospheric Administration (NOAA), qu’il accuse de promouvoir « l’alarmisme climatique ».
Les impacts de ces politiques pourraient être considérables : suppression de financements de l’Agence de protection de l’environnement (EPA), diminution des réglementations sur les émissions polluantes, et une exploitation accrue des terres fédérales pour des forages pétroliers et gaziers.
Ces orientations représentent une menace directe pour les écosystèmes, les ressources naturelles et la qualité de vie des Américains.
Vers une “domination énergétique” risquée
Donald Trump ambitionne de renforcer la position énergétique des États-Unis en favorisant une indépendance basée sur les énergies fossiles. Cependant, les chiffres démontrent que, sous la présidence de Joe Biden, la production de pétrole a déjà atteint des niveaux record.
En réduisant les régulations, Trump risque d’aggraver la dépendance aux énergies fossiles, tout en éloignant le pays de ses engagements climatiques.
Le pétrole extrait des terres fédérales représente environ 25 % de la production totale des États-Unis. Cette exploitation accrue pourrait accélérer la dégradation de ces espaces, souvent qualifiés de « joyaux naturels », au détriment des usages récréatifs et de la biodiversité.
Un frein aux objectifs climatiques
L’administration Biden avait mis en place des politiques ambitieuses pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de 50 % à 52 % d’ici 2030. Toutefois, avec la réélection de Trump, ces objectifs semblent désormais compromis.
La loi Inflation Reduction Act, qui soutenait le développement des énergies renouvelables et des technologies vertes, pourrait être remise en question, bien qu’un démantèlement total soit difficile sans un vote du Congrès.
Le rôle des tribunaux et des ONG
Face à ces politiques controversées, la justice reste un levier crucial pour contrer l’administration Trump. Les tribunaux ont joué un rôle clé lors de son premier mandat, alternant victoires et reculs écologiques. Cependant, la récente décision de la Cour suprême d’affaiblir la doctrine Chevron pourrait limiter les capacités des agences gouvernementales à défendre l’environnement.
Les ONG et associations environnementales, de leur côté, intensifient leurs actions en local et multiplient les recours juridiques. Mais le risque persiste

