Alors que les négociations pour un Traité mondial sur la pollution plastique reprennent à Genève en août 2025, les divergences entre pays restent profondes. Les discussions, entamées en 2022 et rassemblant 175 nations, mettent en lumière un dilemme majeur : comment limiter la production et la consommation de plastique tout en respectant les priorités économiques nationales ?
Les puissances pétrolières et les États-Unis freinent
Les États-Unis, sous l’administration Trump, ont récemment annulé les mesures visant à éliminer les plastiques à usage unique dans les services fédéraux. Le pays continue de produire 232 millions de tonnes d’émissions de CO₂ par an liées au plastique, soit l’équivalent de 116 centrales à charbon.
D’autres grandes puissances, comme la Chine, la Russie, l’Arabie saoudite et l’Iran, privilégient un traité modéré. Leur objectif : gérer les déchets plastiques existants sans limiter la production, protégeant ainsi l’industrie pétrochimique qui alimente leur économie. Ces pays mettent en avant le principe de responsabilité différenciée, selon lequel chaque État fixe ses obligations en fonction de ses capacités et de son historique de pollution.
La coalition de la haute ambition pousse pour un accord contraignant
Face à ces positions, la High Ambition Coalition, regroupant l’Union européenne, l’Australie, le Canada et plusieurs autres pays, milite pour des obligations contraignantes afin de réduire drastiquement la production de plastique d’ici 2040. Elle préconise notamment :l’élimination progressive des plastiques problématiques et des additifs nocifs,la mise en place de standards globaux de durabilité,la hiérarchisation des déchets pour favoriser la prévention plutôt que le recyclage.
Certaines grandes entreprises comme IKEA, PepsiCo et WWF soutiennent cette approche, tandis que la majorité de l’industrie pétrochimique continue de plaider pour des mesures volontaires, sans réduire la production.
Une bataille globale pour l’avenir de la planète
Avec la pollution plastique mondiale prévue en hausse de 70 % d’ici 2040, les choix faits lors de ces négociations auront des conséquences durables sur les écosystèmes marins et terrestres.
Les experts soulignent que prendre en compte l’ensemble du cycle de vie du plastique, de sa production à son élimination, pourrait réduire la pollution de 96 %.La réussite de ce traité dépendra donc de la capacité des États et des entreprises à dépasser leurs intérêts immédiats pour répondre à l’urgence environnementale.
Le monde entier observe : les générations futures pourraient payer le prix fort des décisions prises… ou non, aujourd’hui.


