Climat & environnement

Togo : 22,5 millions d’euros pour la transition écologique mais qui en bénéficiera vraiment ?

Le Luxembourg, avec l’appui de l’Union européenne, vient d’accorder 22,5 millions d’euros (près de 14,7 milliards FCFA) au Togo pour accélérer sa transition écologique et protéger sa biodiversité.

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 15 août 2025 · 2 min de lecture

Togo : 22,5 millions d’euros pour la transition écologique mais qui en bénéficiera vraiment ?

Le Luxembourg, avec l’appui de l’Union européenne, vient d’accorder 22,5 millions d’euros (près de 14,7 milliards FCFA) au Togo pour accélérer sa transition écologique et protéger sa biodiversité.

L’annonce a été faite à Lomé, lors de la signature d’un accord entre le ministre de l’Environnement Katari Foli-Bazi et une délégation luxembourgeoise, dans le cadre du Programme d’Appui à la Lutte contre le Changement Climatique et à la Protection de la Biodiversité (PALCC+).

Un programme ambitieux sur le papier

Le projet prévoit :

-La gestion des déchets urbains dans six grandes villes

-La préservation des parcs naturels comme Fazao-Malfakassa

-Des infrastructures modernes pour le tri et le recyclage

-Une lutte renforcée contre le braconnage et la déforestation

Ce financement prolonge le PALCC initial (2017), financé à hauteur de 10,6 M€ par l’UE, qui visait la protection des ressources naturelles et le développement de l’agroécologie. Le PALCC+ ambitionne désormais de structurer des chaînes de valeur autour des produits forestiers non ligneux et agricoles, restaurer des zones dégradées et aménager des infrastructures hydro-agricoles, notamment le long du fleuve Mono.

Plus d’un million de Togolais concernés en théorie

À en croire à Ayi Renaud Dossavi de Togo first,Les estimations officielles parlent de 17 000 ménages bénéficiaires, soit 1,15 million de personnes directement ou indirectement touchées par le programme.
Mais une question s’impose : ce financement servira-t-il vraiment à renforcer les initiatives écologiques locales et citoyennes ?

À Kpalimé, par exemple, se tient actuellement le Week Eco, une initiative portée par des organisations locales et africaines qui réunir beaucoup de jeunes leaders climatiques de plusieurs pays pour sensibiliser, former et mobiliser autour de l’écologie pratique. Pourtant, ces associations peinent souvent à trouver un soutien institutionnel solide à l’instar de quelques miettes, malgré leur impact concret sur le terrain.

La justice climatique, un enjeu africain

Dans un contexte où le changement climatique frappe plus durement les pays africains, la lutte environnementale ne peut se réduire à des programmes nationaux sur papier glacé.
La souveraineté écologique de l’Afrique de l’Ouest passe aussi par un soutien direct aux acteurs locaux : agricultrices bio, collectifs de jeunes éco-innovateurs, associations de femmes reboiseuses, communautés rurales en première ligne.
Car derrière chaque hectare reboisé et chaque rivière préservée, il y a souvent des mains invisibles et rarement financées.

Et si, pour une fois, les millions annoncés descendaient réellement jusqu’à celles et ceux qui transforment le quotidien, et non seulement vers les structures administratives centrales ?

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