Climat & environnement

Sous-représentation des femmes dans les décisions climatiques : un frein à l’efficacité despolitiques, alerte un rapport

Alors que les femmes figurent parmi les premières victimes des dérèglements climatiques, leur exclusion persistante des instances décisionnelles affaiblit la réponse mondiale à la crise.

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 7 février 2025 · 2 min de lecture


Alors que les femmes figurent parmi les premières victimes des dérèglements climatiques, leur exclusion persistante des instances décisionnelles affaiblit la réponse mondiale à la crise. C’est le constat d’un rapport publié par l’ONG CARE, qui analyse les mécanismes de cette marginalisation et ses conséquences. 
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‎Les femmes subissent de plein fouet les impacts climatiques : elles représentent 80 % des déplacé·e·s climatiques selon l’ONU et, en cas de sécheresse, sont les premières à réduire leur consommation alimentaire pour préserver les ressources familiales.

Pourtant, leur participation aux décisions reste limitée. Lors de la COP28, seules 34 % des délégations nationales étaient composées de femmes, un chiffre en stagnation depuis 2020 (UNFCCC). 
‎‎« Même dans les instances locales où la parité est formellement respectée, les propositions des femmes sont minorées », précise le rapport.

Au Malawi, par exemple, des agricultrices interrogées déplorent que leurs techniques d’adaptation (rotation des cultures, semis résistants) soient ignorées au profit de projets high-tech pilotés par des hommes. 
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‎‎Stéréotypes et structures discriminantes

Le rapport identifie deux obstacles majeurs : 
‎1. Les préjugés sexistes: « Les femmes n’ont pas grand-chose à apporter », a déclaré un responsable asiatique interrogé par CARE. 
‎2. Le manque de financements ciblés: Seuls 0,01 % des fonds climat mondiaux soutiennent des projets liés à l’égalité de genre (OCDE, 2023). 
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‎Ces dynamiques excluent particulièrement les femmes issues de minorités ethniques ou de zones rurales.

Au Pérou, des paysannes quechua ont ainsi été évincées de dialogues sur la gestion de l’eau, bien qu’elles détiennent des savoirs ancestraux cruciaux. 
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‎‎Risques : des politiques moins efficaces
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‎Cette exclusion a un coût tangible. Le GIEC souligne dans son 7ᵉ rapport (2028) que l’absence de perspectives genrées réduit de 30 % l’efficacité des stratégies d’adaptation. Un exemple ? Les digues construites au Bangladesh sans consulter les femmes ont négligé leurs besoins en termes d’accès aux puits, aggravant leur charge de travail. 
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‎Si les quotas (35 % de femmes dans les délégations climat de l’UE depuis 2025) et les formations techniques progressent, le rapport insiste sur la nécessité de : 
‎- Démanteler les normes patriarcales via des campagnes de sensibilisation impliquant les hommes (comme au Niger, où des ateliers mixent chefs religieux et syndicats agricoles). 
‎- Flécher les financements vers des initiatives féminines locales, à l’image du fonds Women’s Climate Leadership lancé par l’Allemagne en 2023 (50 M€/an). 
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