Selon une récente note d’information de l’Initiative Spotlight des Nations Unies, le changement climatique ne se limite pas aux sécheresses, incendies et inondations. Il accroît aussi les violences sexistes, exposant femmes et filles à des risques accrus d’abus, d’exploitation et de féminicides.
Le climat, catalyseur des violences sexistes
D’après l’ONU, chaque hausse d’un degré Celsius pourrait entraîner une augmentation de près de 5 % de la violence conjugale. Sans être la cause directe, le réchauffement climatique accentue les facteurs de vulnérabilité : instabilité financière, insécurité alimentaire, migrations forcées, perte d’abris ou encore conflits.
Ces pressions convergent avec les inégalités de genre déjà enracinées, renforçant les normes patriarcales et rendant les femmes plus exposées aux violences.
Dans la Corne de l’Afrique, les sécheresses récurrentes liées au climat ont plongé des familles dans une insécurité alimentaire extrême. Certaines, incapables de nourrir leurs enfants, ont marié de force des filles âgées d’à peine 12 ans à des hommes bien plus âgés, en échange d’une dot.
À Hawaï, après les incendies dévastateurs de 2023, des femmes migrantes philippines ont rapporté avoir subi de l’exploitation sexuelle en échange de nourriture, de vêtements ou d’un abri. Ces exemples montrent comment les catastrophes climatiques aggravent les violences sexistes.
Pour une justice climatique inclusive
Malgré ces constats alarmants, seulement 0,04 % des financements liés au climat intègrent la dimension égalité de genre. L’ONU appelle donc à inclure systématiquement la prévention et la réponse aux violences basées sur le genre dans les politiques climatiques.
Les expertes insistent : aucune justice climatique n’est possible sans la protection et la participation active des femmes, en particulier celles qui défendent les droits humains et environnementaux.


