Une étude récente révèle que la pollution atmosphérique causée par les industries pétrolière et gazière provoque des milliers de morts prématurées chaque année, aggravant les inégalités environnementales.
Aux États-Unis, près de 91 000 décès prématurés par an sont directement liés à la pollution de l’air due à l’extraction, au raffinage et à la consommation de pétrole et de gaz. L’étude publiée dans Science Advances montre également que cette pollution entraîne 10 350 naissances prématurées, 216 000 cas d’asthme infantile et 1 610 cas de cancer chaque année.
Les chercheurs ont analysé l’ensemble du cycle de vie des carburants fossiles, de l’exploration à l’utilisation finale, révélant que les particules fines (PM2,5), le dioxyde d’azote et l’ozone sont les principaux polluants responsables de ces impacts sanitaires.
Depuis 2017, la production de pétrole et de gaz aux États-Unis a augmenté de 40 %, et la consommation de 8 %, accentuant les risques pour la santé publique.Les communautés de couleur frappées de plein fouetLes conséquences de cette pollution ne sont pas uniformes. La Californie, le Texas, New York, la Pennsylvanie et le New Jersey sont particulièrement touchés, et ce sont les populations asiatiques, noires, hispaniques et amérindiennes qui subissent le plus les effets néfastes.
Les zones industrielles comme la « Cancer Alley » en Louisiane et l’est du Texas concentrent les émissions les plus dangereuses. Ces communautés vivent plus près des sites d’extraction et de raffinage, et respirent ainsi une pollution bien supérieure à celle générée par leurs propres activités.
Ce constat souligne une forme d’injustice environnementale qui aggrave les inégalités sociales et sanitaires.Une crise mondiale aux conséquences alarmantes.
Au-delà des États-Unis, la pollution de l’air est le deuxième facteur de risque de décès dans le monde, derrière l’hypertension et devant le tabac. La particule PM2,5, la plus dangereuse pour la santé humaine, contribue à environ 7 millions de décès annuels et réduit l’espérance de vie moyenne de 2,3 ans.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, neuf personnes sur dix vivent dans des zones où la qualité de l’air est insuffisante, et seulement sept pays respectent les normes recommandées. Les particules fines sont associées à de graves problèmes respiratoires et cardiovasculaires, touchant surtout les populations vulnérables, souvent marginalisées ou défavorisées.


