Moins de 4 % des pays ont affiché une qualité de l’air conforme aux recommandations de l’Organisation mondiale de la santé l’an dernier. Le Tchad, le Bangladesh et l’Inde figurent parmi les plus touchés, avec des niveaux de particules fines dangereux pour la santé.
Un constat mondial alarmant
En 2024, seuls sept pays dont l’Australie, la Nouvelle-Zélande et l’Islande ont respecté les seuils de pollution fixés par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon le rapport annuel publié par la société suisse IQAir, la quasi-totalité des pays a dépassé la concentration maximale de particules fines (PM2,5), fixée à 5 µg/m³ en moyenne annuelle.
Le Tchad arrive en tête du classement avec 91,8 µg/m³, soit près de 20 fois la limite de sécurité. Il est suivi par le Bangladesh, le Pakistan, la République démocratique du Congo et l’Inde. La capitale indienne, New Delhi, reste la ville la plus polluée au monde.
Les PM2,5, une menace directe pour la santé
Les particules fines (PM2,5), dont le diamètre ne dépasse pas 2,5 micromètres, pénètrent profondément dans les poumons et le système sanguin. Elles sont associées à des millions de décès prématurés chaque année, causant maladies cardiaques, pulmonaires et crises d’asthme.
Selon l’OMS, la pollution de l’air entraîne une perte moyenne de 2,3 années d’espérance de vie par habitant dans le monde, soit un total de 17,8 milliards d’années de vie perdues.
Une crise qui frappe surtout le Sud global
Le rapport souligne que la pollution atmosphérique affecte particulièrement l’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud. Ces régions, encore dépendantes des combustibles fossiles et de la biomasse pour l’énergie domestique, sont confrontées à des systèmes de santé fragiles et à des politiques environnementales moins strictes.
Des études récentes estiment qu’un habitant du Bangladesh, de l’Inde, du Népal ou du Pakistan perd en moyenne cinq années de vie à cause de la pollution atmosphérique. À l’inverse, l’Europe et l’Amérique du Nord enregistrent des taux de mortalité liés à la pollution près de 100 fois moins élevés.


