Une étude internationale publiée en 2019 révèle que la répartition mondiale des vers de terre est fortement influencée par les paramètres climatiques , précipitations et températures et que le changement en cours pourrait fragiliser ces « ingénieurs » essentiels des sols, avec des conséquences majeures pour les écosystèmes et l’agriculture.
Les vers de terre jouent un rôle souvent invisible mais vital pour le fonctionnement des écosystèmes terrestres. En remuant la terre, en favorisant la décomposition de la matière organique, en assurant l’aération du sol, ces organismes participent à la fertilité des terrains, au cycle des nutriments et à la stabilité des sols.
Une vaste étude menée par 141 chercheurs de 35 pays et portant sur près de 7 000 sites répartis dans 57 pays a permis de cartographier pour la première fois à l’échelle mondiale la diversité, l’abondance et la biomasse des lombrics. Les résultats montrent que, contrairement à de nombreuses espèces aériennes, la richesse locale en vers de terre est plus élevée dans les zones de latitude moyenne.
Les variables climatiques , notamment les températures et les niveaux de précipitations se sont avérées être les facteurs les plus déterminants de leur distribution, bien davantage que les caractéristiques du sol ou la couverture végétale. Parce que le climat modifie ces paramètres, les communautés de vers de terre sont donc particulièrement vulnérables au réchauffement climatique. Cela signifie que les fonctions qu’ils assurent fertilité du sol, recyclage des nutriments, soutien de la productivité agricole pourraient être perturbées, entraînant un effet domino sur les plantes, les insectes du sol et même les systèmes alimentaires humains.
Cette étude invite donc à ne pas négliger la biodiversité souterraine : protéger les vers de terre, c’est protéger la résilience des sols, et par conséquent l’avenir de l’agriculture et des écosystèmes. En matière d’action, la recherche souligne l’urgence de mieux intégrer ces organismes dans les politiques de conservation et d’aménagement. La planète creuse sous nos pieds et ce qui s’y joue pourrait décider de notre capacité à nourrir demain.


