Climat & environnement

Les 308 milliardaires émettent plus que 118 pays : une inégalité climatique dénoncée

Un rapport d’Oxfam révèle que les émissions cumulées des 308 plus grandes fortunes mondiales dépassent celles de 118 nations.

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 3 novembre 2025 · 2 min de lecture

Les 308 milliardaires émettent plus que 118 pays : une inégalité climatique dénoncée

Un rapport d’Oxfam révèle que les émissions cumulées des 308 plus grandes fortunes mondiales dépassent celles de 118 nations. Pour respecter les objectifs de l’Accord de Paris, ces ultrariches devraient réduire leurs émissions de 99 % d’ici 2030.

Les ultrariches du globe consomment une part disproportionnée du « budget carbone » planet­aire. Selon le rapport Pillage climatique : comment une puissante minorité plonge le monde dans le chaos publié par Oxfam le 29 octobre 2025, les émissions combinées des 308 personnes les plus riches excèdent celles de 118 pays réunis.

Une personne appartenant aux 0,1 % les plus riches émet quotidiennement l’équivalent de 800 kg de CO₂, contre moins de 2 kg pour un individu des 50 % les plus pauvres.Pour maintenir le réchauffement sous la barre de 1,5 °C, les auteurs estiment que ces milliardaires devront réduire leurs émissions de 99 % d’ici 2030. Cette exigence semble d’autant plus pressante que leur empreinte carbone individuelle ou via leurs investissements ne cesse d’augmenter : alors que la moitié la plus pauvre de l’humanité a réduit ses émissions de 3 % depuis 1990, les ultrariches les ont augmentées de 32 %.

L’étude pointe aussi l’impact des investissements dans les secteurs polluants : en 2024, leurs placements dans des entreprises minières, gazières ou pétrolières ont généré 586 millions de tonnes d’équivalent CO₂, surpassant ainsi les émissions combinées de nombreux États. En termes de position dans le classement des pollueurs, ce groupe figurait au 15ᵉ rang mondial, devant plusieurs nations entières.

La différence est frappante : alors qu’un simple ajustement financier ou un appel à leur conseiller patrimonial pourrait permettre de migrer vers des actifs verts, très peu d’entre eux prennent ce virage. Pire encore, ils mobilisent leur influence pour freiner la régulation environnementale notamment via le lobbying lors de sommets climatiques.

À la COP29, par exemple, on dénombrait 1 773 lobbyistes des énergies fossiles, dépassant le nombre de représentants des 10 nations les plus vulnérables.À l’approche de la COP30, Oxfam appelle à une révolution fiscale et réglementaire : taxer la richesse extrême, interdire le lobbying pollueur et réinstaller les communautés les plus exposées au cœur des décisions climatiques.

Le rapport souligne que les femmes, les peuples autochtones, les populations du Sud et les personnes âgées seront les plus affectées par cette injustice. Si les émissions des 1 % les plus riches continuent à croître, Oxfam avertit que d’ici la fin du siècle, une partie significative des décès liés à la chaleur pourrait leur être imputable. Une responsabilité historique et environnementale qui doit être assumée dès aujourd’hui.

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