Climat & environnement

L’Afrique, continent en feu : une menace silencieuse et permanente

Le feu ne dort jamais en Afrique. Invisible aux yeux du monde, ce fléau est pourtant quotidien.

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 30 avril 2025 · 1 min de lecture

Le feu ne dort jamais en Afrique. Invisible aux yeux du monde, ce fléau est pourtant quotidien. Grâce aux données satellites, notamment celles du satellite européen IASI, les scientifiques observent sans relâche une réalité alarmante : l’Afrique concentre à elle seule près de 70 % des incendies mondiaux.

Une plaie environnementale qui s’étend du Sahel à l’Afrique centrale.

Selon Cathy Clerbaux, directrice de recherche au CNRS, « il n’y a pas un jour sans incendie en Afrique ». Contrairement aux feux spectaculaires qui font la une dans les pays du Nord, ceux du continent africain, plus discrets mais bien plus nombreux, s’étendent sur plus de quatre millions de km² chaque année.

Le brûlis, entre tradition et pollution


À l’origine de cette flambée, la culture sur brûlis. Pratique millénaire, elle consiste à brûler les résidus de culture pour fertiliser les sols avant la saison des pluies. Si cette méthode demeure peu coûteuse et efficace pour enrichir les terres, elle est aujourd’hui à l’origine d’un double danger : la déforestation et la surémission de CO₂. L’Afrique, autrefois puits de carbone, tend désormais à émettre plus qu’elle n’absorbe.

Au-delà du climat, c’est la santé humaine qui est directement menacée. La fumée issue de ces incendies contient un cocktail toxique d’une trentaine de gaz et particules, dont le monoxyde de carbone et la suie, très nocifs pour les poumons. « C’est au moins aussi dangereux que fumer », alerte Cathy Clerbaux.
Résultat : le continent subit en moyenne 32 jours par an d’exposition intense aux particules fines, contre un seul jour en Europe.

Et le danger dépasse les frontières : ces polluants peuvent voyager sur des milliers de kilomètres, portés par les vents.

Face à cette urgence silencieuse, le monde reste étonnamment passif. Pourtant, si le feu est ancestral, l’enjeu, lui, est d’une brûlante actualité.

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