En quelques minutes, l’eau a déferlé, balayant tout sur son passage. Dans le nord de l’Inde, l’État de l’Uttarakhand est à nouveau confronté à la brutalité du climat.
Mardi 5 août 2025, une crue soudaine a frappé la vallée de Dharali, emportant habitations, routes et habitants dans une vague de boue et de débris. Le bilan provisoire fait état d’au moins quatre morts et d’une centaine de disparus, dont onze soldats.
Des images diffusées sur les chaînes locales montrent une scène apocalyptique : des torrents bruns engloutissent des bâtiments, emportent des véhicules, piégés par la montée fulgurante des eaux.
Des passants tentent de fuir avant d’être happés par la violence de la coulée. Dharali, petite localité touristique accrochée aux contreforts de l’Himalaya, est méconnaissable.
L’armée indienne a déployé renforts humains et matériels pour retrouver les disparus et acheminer des secours. Drones, chiens renifleurs, hélicoptères, engins de déblaiement : la mobilisation est totale dans une zone où la boue recouvre parfois les sols jusqu’à quinze mètres de hauteur, effaçant toute trace de repère. Les hélicoptères assurent également l’approvisionnement en médicaments et l’évacuation des blessés.
L’origine de la catastrophe est météorologique : des pluies soudaines et intenses, tombées en quelques heures sur une région déjà saturée. Selon les services météo indiens, certaines zones de l’Uttarakhand ont reçu jusqu’à 21 centimètres de pluie en une journée. Le niveau des principaux cours d’eau est désormais au-dessus du seuil d’alerte. Les habitants ont été évacués vers les hauteurs, sous des pluies toujours battantes.
Les inondations et glissements de terrain sont fréquents durant la saison de la mousson, entre juin et septembre. Mais leur violence et leur imprévisibilité s’intensifient. Le dérèglement climatique, couplé à l’urbanisation non maîtrisée de ces zones montagneuses, rend chaque saison plus meurtrière.
L’Organisation météorologique mondiale (OMM) rappelait encore récemment que ces extrêmes climatiques constituent un avertissement clair : le cycle de l’eau devient plus instable, et les populations les plus vulnérables sont toujours les premières exposées.


