Le drame survenu le jeudi 8 janvier 2026 à Avlékété, ayant coûté la vie à Marilyne Ajavon, sage-femme de profession, met une nouvelle fois en lumière les mécanismes profonds des violences basées sur le genre (VBG).
Selon les faits rapportés par plusieurs sources, la victime a été retrouvée morte dans son véhicule incendié. Un homme présenté comme un ancien partenaire intime a été interpellé et se trouve actuellement entre les mains de la justice.
Au-delà de l’émotion suscitée, cette affaire soulève des questions majeures sur le chantage sexuel, l’emprise masculine et l’escalade des violences faites aux femmes.
Le chantage sexuel, une violence de genre encore sous-estimée
Les informations rendues publiques indiquent que la victime aurait été confrontée, sur plusieurs années, à des actes de chantage à caractère sexuel, communément appelés sextorsion. Cette forme de violence repose sur la menace de divulgation de contenus intimes afin de contraindre, faire pression ou maintenir une emprise sur la victime.
La sextorsion constitue une atteinte grave aux droits des femmes, à leur dignité et à leur sécurité psychologique. Bien que pénalement répréhensible, elle reste encore insuffisamment reconnue dans le débat public, contribuant à l’isolement des victimes et à la banalisation de la violence masculine.
Du contrôle à la mort : le continuum des violences basées sur le genre
Les féminicides ne sont pas des actes isolés. Ils s’inscrivent dans un continuum de violences, allant du contrôle psychologique aux menaces, puis à la violence physique. Dans cette affaire, les faits rapportés révèlent une escalade progressive, marquée par l’emprise, la vengeance et la volonté de domination.
Rien, dans la vie privée ou relationnelle d’une femme, ne saurait justifier une telle violence. La responsabilité incombe exclusivement à l’auteur présumé des faits. Toute tentative de moralisation ou de stigmatisation de la victime participe à la culture du silence et de l’impunité.
Prévenir les féminicides : un impératif de justice et de société
Ce drame interpelle les autorités, la justice et la société dans son ensemble sur la nécessité de renforcer les mécanismes de prévention et de protection des femmes victimes de VBG. Il pose également la question du suivi des auteurs condamnés pour violences de genre et de la prise en charge des victimes après les premières alertes.
Nommer ce crime pour ce qu’il est un féminicide , constitue un acte politique et journalistique essentiel. Défendre les droits des femmes, c’est refuser que ces drames soient relégués au rang de simples faits divers.
Marilyne Ajavon était une professionnelle de santé, une femme dont la vie et la dignité méritent respect et justice. Que la lumière soit faite, et que ce drame renforce l’exigence collective d’une lutte effective contre toutes les violences basées sur le genre.



