
Entre le 8 et le 18 août, l’Espagne a subi la vague de chaleur la plus intense jamais enregistrée. Avec des températures dépassant 40 °C, 1 149 décès sont directement liés à la chaleur, selon l’Institut de santé Carlos III.
Des températures extrêmes, inédites depuis le début des relevés
L’Agence météorologique espagnole (Aemet) qualifie l’épisode caniculaire d’août 2025 de « plus intense depuis qu’il existe des mesures ». Dans certaines régions, les températures ont dépassé de 4,6 °C la moyenne des vagues de chaleur considérées comme normales en Espagne. Ce pic a même surpassé celui de juillet 2022, alors jugé historique.
Plus de 1 000 morts en dix jours
Selon l’Institut de santé Carlos III, 1 149 personnes ont perdu la vie en raison des fortes chaleurs. Les autorités sanitaires rappellent que les personnes âgées et vulnérables sont les plus exposées à ces épisodes extrêmes, qui tendent à se répéter et à s’intensifier.
Des incendies attisés par la canicule
La chaleur exceptionnelle a aussi contribué à la propagation d’incendies incontrôlables en Espagne et au Portugal. Le dernier bilan fait état de huit morts et de 400 000 hectares de forêts détruits. Ces feux renforcent l’inquiétude des experts face à l’enchaînement de phénomènes climatiques extrêmes sur la péninsule Ibérique.
Selon le système européen d’information sur les feux de forêt (EFFIS), il s’agit de l’un des pires étés jamais enregistrés depuis le début des relevés. À titre de comparaison, la moyenne annuelle de surfaces brûlées sur les dix dernières années est estimée à 250 000 hectares dans l’ensemble de l’Union européenne. Cette année, le seuil du million d’hectares touchés a déjà été franchi.
Outre les pertes humaines, les dégâts matériels sont considérables. Des centaines de maisons ont été détruites et près de 15 000 habitants ont dû être évacués dans les régions d’Extremadura et de Galice. Des infrastructures vitales, comme les réseaux électriques et les axes routiers, ont également été endommagées, compliquant les opérations de secours.
Les autorités espagnoles et portugaises ont mobilisé plusieurs milliers de pompiers, soutenus par des moyens aériens venus d’Italie et de France dans le cadre du mécanisme européen de protection civile. Malgré ces renforts, la sécheresse prolongée et les vents violents rendent les opérations extrêmement difficiles.
Pour les climatologues, ces incendies sont un nouveau signal d’alerte. « L’Europe du Sud est devenue un point chaud du réchauffement climatique », rappelle la climatologue espagnole María Sánchez, interrogée par la RTVE. « Si les émissions de gaz à effet de serre ne baissent pas drastiquement, nous devons nous préparer à des étés encore plus meurtriers dans les décennies à venir.
Au-delà des pertes humaines et matérielles, l’impact écologique est dramatique. Les incendies ont détruit des habitats essentiels pour la faune sauvage, menaçant notamment les populations déjà fragiles de lynx ibériques et d’aigles impériaux. Selon les experts de WWF Espagne, la disparition de forêts entières accentue l’érosion des sols et met en péril les ressources en eau déjà limitées dans ces régions.
À cela s’ajoute le relâchement massif de dioxyde de carbone dans l’atmosphère : l’équivalent des émissions annuelles de plusieurs millions de voitures en seulement quelques semaines


