À moins d’une semaine de la COP30, une étude conjointe de la Fundación Maldita.es, spécialisée dans le fact-checking, et de l’ONG AI Forensics alerte sur le rôle des réseaux sociaux dans la diffusion de fausses informations climatiques.
L’enquête révèle que YouTube et TikTok n’ont pris que peu de mesures pour freiner la désinformation environnementale, notamment lors des catastrophes naturelles.
Une viralité inquiétante
Intitulée Truth be Damned, l’étude analyse le cas des inondations de Valence en 2024, qui ont fait 237 morts. Les vidéos trompeuses publiées dans le mois suivant le drame ont cumulé plus de 21 millions de vues, niant pour la plupart le lien entre ces phénomènes extrêmes et le changement climatique.
Selon les chercheurs, les algorithmes de recommandation ont amplifié la portée de ces contenus : ils ont obtenu 48 % de mentions “j’aime” supplémentaires sur YouTube et 85 % de partages en plus sur TikTok comparé à des vidéos informatives. Moins d’un quart des publications sur YouTube comportaient un avertissement de désinformation, tandis qu’aucune vidéo de TikTok n’en affichait.
Un danger pour la confiance scientifique
Les auteurs de l’étude soulignent que cette désinformation numérique, particulièrement active en période de crise, perturbe le débat public et affaiblit la confiance envers la science du climat. À la veille d’une COP30 déterminante pour l’avenir de l’action climatique mondiale, cette perte de repères représente une menace majeure.
Les chercheurs appellent ainsi les plateformes à plus de transparence sur leurs algorithmes et à une collaboration accrue avec les journalistes et vérificateurs de faits. L’objectif : limiter la propagation des contenus trompeurs et protéger la qualité du débat environnemental, au moment où la société mondiale s’apprête à définir ses engagements pour la décennie à venir. Et face à l’urgence, les réseaux sociaux ont désormais un devoir de vérité.


