Féminicides

Côte d’Ivoire : le féminicide de Tra Lou Grâce, une infirmière brisée par la violence conjugale

Elle s’appelait Tra Lou Grâce. Jeune infirmière de l’Institut national de formation des agents de santé (INFAS) en Côte d’Ivoire, elle rêvait d’une vie tournée vers le soin et le service aux autres.

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 10 septembre 2025 · 2 min de lecture

Côte d’Ivoire : le féminicide de Tra Lou Grâce, une infirmière brisée par la violence conjugale

Elle s’appelait Tra Lou Grâce. Jeune infirmière de l’Institut national de formation des agents de santé (INFAS) en Côte d’Ivoire, elle rêvait d’une vie tournée vers le soin et le service aux autres. Mais son histoire s’est arrêtée brutalement, dans une cruauté sans nom. Son compagnon, pompier de profession, l’a assassinée après des années de violences et de soupçons d’infidélité jamais prouvés.

Un cycle de violences devenu meurtre

Depuis 2021, la jeune femme subissait les coups de son partenaire. Les proches parlent d’une relation marquée par la jalousie, la méfiance et les agressions répétées. Derrière les murs, les cris et les larmes étaient ceux d’une victime enfermée dans un cycle de violences conjugales.

Le 7 septembre, tout a basculé : Tra Lou Grâce a été tailladée à mort par l’homme qui prétendait l’aimer. Lui-même a été retrouvé couvert de son sang. Le crime choque par sa brutalité, mais il révèle surtout une réalité trop souvent passée sous silence : les féminicides ne sont pas des faits divers, ils sont l’aboutissement tragique d’un continuum de violences.

Le cas de Tra Lou Grâce illustre la mécanique bien connue des violences basées sur le genre (VBG). Derrière les disputes, il y avait une prise de pouvoir, une volonté de contrôle et une violence systématique. La supposée « infidélité » n’était qu’un prétexte, car la racine de ces drames réside dans les inégalités de genre et les normes patriarcales qui tolèrent encore la domination masculine.

En Côte d’Ivoire, comme ailleurs sur le continent, de nombreuses femmes vivent sous la menace constante de partenaires violents. Les violences conjugales restent largement sous-déclarées, et trop de victimes meurent dans le silence et l’indifférence.

Un appel à briser le silence

L’assassinat de cette jeune infirmière appelle à une mobilisation urgente. Il ne suffit pas de condamner après coup : il faut prévenir, protéger et punir. Prévenir par l’éducation et la sensibilisation, protéger les victimes en leur offrant des espaces sûrs et accessibles, punir les agresseurs avec la rigueur nécessaire.

La mémoire de Tra Lou Grâce doit devenir un cri collectif contre les violences basées sur le genre. Chaque vie volée rappelle l’urgence d’une action concertée : familles, communautés, institutions, justice.

À toutes les femmes victimes de violences conjugales, ou à celles qui connaissent une proche en danger : ne restez pas seules. Contactez Terre et Femme ou le Centre national de lutte contre les violences faites aux femmes. Ne laissez pas la peur détruire votre vie, ni briser d’autres vies.

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