Les femmes et les filles sont les premières victimes des crises humanitaires, climatiques et sanitaires. Déplacements, perte d’accès aux ressources et chaos social augmentent leur vulnérabilité aux violences sexuelles. L’urgence : renforcer la prévention, la justice et l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive.

Dans une plantation à Gisakura, au Rwanda, le 5 mai 2022. © Simon WOHLFAHRT/AFP
Une violence amplifiée par le chaos des crises
Dans les zones de conflit, le viol est utilisé comme arme stratégique pour terroriser la population. Les femmes et les adolescentes vivent sous la menace constante, parfois même dans leur propre foyer, tandis que les enfants sont témoins de ces violences.
Le chaos des conflits fragilise les normes sociales et légales, offrant aux auteurs un terrain propice pour agir avec impunité.
Les catastrophes naturelles et le changement climatique, en provoquant déplacements et perte de ressources, aggravent la situation. Les femmes deviennent alors les premières à souffrir des pénuries alimentaires, de l’accès limité aux soins et de l’isolement social, conditions qui favorisent les abus sexuels et psychologiques.
Déplacements et accès limité aux services : une vulnérabilité renforcée
Les femmes et les filles déplacées se retrouvent souvent dans des camps ou des lieux temporaires peu sécurisés, loin de leurs réseaux de protection traditionnels. Une étude menée entre la Colombie et le Venezuela a révélé que la prévention et la prise en charge des violences sexuelles figuraient parmi les besoins les plus urgents et non satisfaits en matière de santé sexuelle et reproductive.
La pandémie de Covid-19 a aggravé cette situation : les services de santé ont été détournés vers la réponse sanitaire, tandis que les restrictions de mobilité et la stigmatisation ont limité l’accès des survivants aux soins et à la justice. Ces facteurs combinés renforcent l’impunité et prolongent le traumatisme des victimes.
Agir pour la prévention et la justice
Pour endiguer ce fléau, il est indispensable de mettre en œuvre une approche intégrée :
Garantir l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive pour toutes les survivantes,Renforcer les mesures de justice et de redevabilité à l’égard des auteurs de violences,Intégrer la prévention dans les programmes humanitaires et climatiques, en tenant compte des besoins spécifiques liés au genre.
Former et soutenir les acteurs locaux pour détecter, prévenir et accompagner les victimes.
Les interventions doivent être guidées par les principes clés des droits humains : égalité, non-discrimination, participation, autonomie et accès à la justice. La protection des femmes et des filles face aux crises est non seulement un impératif moral, mais aussi un levier essentiel pour la résilience des communautés et la sécurité alimentaire dans un contexte de changement climatique.



