Genre & climat

Climat et genre au Bénin : le Mono, épicentre d’une double vulnérabilité

Avec une moyenne de 6 catastrophes climatiques par an et un taux de pauvreté féminine atteignant 52 %, le département du Mono apparaît comme l’un des territoires les plus exposés à l’intersection des crises…

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 27 avril 2026 · 2 min de lecture

Avec une moyenne de 6 catastrophes climatiques par an et un taux de pauvreté féminine atteignant 52 %, le département du Mono apparaît comme l’un des territoires les plus exposés à l’intersection des crises environnementales et des inégalités de genre. Une analyse comparative avec d’autres départements met en lumière une corrélation préoccupante.

Le Mono, un cumul alarmant d’indicateurs critiques

Les données comparatives entre plusieurs départements du sud Bénin révèlent une tendance nette : plus l’exposition aux catastrophes climatiques est élevée, plus les indicateurs sociaux des femmes se dégradent.

Dans le Mono :

  • 6 catastrophes climatiques/an (niveau le plus élevé)
  • 60 % de scolarisation des filles (le plus faible taux)
  • 52 % de pauvreté féminine (le plus élevé).
  • À titre de comparaison : Le Zou, moins exposé (2 catastrophes/an), affiche :
  • 75 % de scolarisation
  • 35 % de pauvreté féminine
  • Le Littoral, avec 3 catastrophes/an, reste également plus stable socialement.

Le Mono concentre donc le pire des deux mondes : pression climatique + fragilité sociale

Une corrélation visible entre climat et pauvreté féminine

L’analyse statistique met en évidence une relation claire :

Lorsque les catastrophes passent de 2 à 6 par an,

-La pauvreté féminine augmente de 35 % à 52 %

Dans le même temps, la scolarisation des filles chute de 75 % à 60 %. Autrement dit : Chaque intensification du risque climatique semble s’accompagner d’une dégradation des conditions de vie des femmes.

Graphique illustratif. Ce graphique met en évidence une tendance ascendante :plus les catastrophes augmentent, plus la pauvreté féminine grimpe, avec le Mono clairement en tête.

Des mécanismes structurels qui accentuent les inégalités

Cette situation ne relève pas du hasard. Plusieurs facteurs structurels expliquent cette corrélation :

En contexte de crise, les ménages réduisent les dépenses → les filles quittent l’école

Les femmes ont un accès limité aux ressources économiques et aux dispositifs d’adaptation

Les activités féminines (agriculture, petit commerce) sont fortement dépendantes du climat.

Selon UN Women, les femmes représentent jusqu’à 80 % des personnes déplacées par les effets du changement climatique dans certaines régions vulnérables.

La World Bank souligne également que les catastrophes climatiques aggravent les inégalités existantes, notamment dans les pays en développement.

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