Climat & environnement

Changement climatique : pourquoi l’adaptation et l’atténuation sont indissociables

Chaque année, près de 60 000 personnes meurent à cause de catastrophes naturelles aggravées par le réchauffement climatique.

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 14 septembre 2025 · 2 min de lecture

Changement climatique : pourquoi l’adaptation et l’atténuation sont indissociables

Chaque année, près de 60 000 personnes meurent à cause de catastrophes naturelles aggravées par le réchauffement climatique. Face à l’urgence, deux stratégies complémentaires se dessinent : l’atténuation, qui vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre, et l’adaptation, qui permet de limiter les conséquences déjà visibles. Les experts rappellent que l’une ne peut fonctionner sans l’autre.

Une crise planétaire aggravée par les activités humaines

Depuis la révolution industrielle, les émissions mondiales de gaz à effet de serre ont explosé. Le dioxyde de carbone, issu principalement de la combustion d’énergies fossiles, de la déforestation et de l’agriculture, a été multiplié par 182 entre 1850 et 2022, passant de 204 millions de tonnes à 37,1 milliards.Résultat : la planète est aujourd’hui 1,3 °C plus chaude qu’à l’ère préindustrielle.

Une différence en apparence minime, mais qui entraîne des bouleversements majeurs : incendies géants, montée des eaux, fonte des calottes glaciaires, vagues de chaleur extrêmes et inondations meurtrières.

L’atténuation consiste à réduire les émissions pour limiter l’ampleur future de la crise climatique. Les pistes principales reposent sur :La transition énergétique : le solaire et l’éolien devraient représenter 95 % de la croissance des capacités renouvelables d’ici la fin de la décennie.

La protection des puits de carbone : forêts, océans, zones humides et prairies absorbent une partie du CO₂.L’agriculture durable : responsable d’un quart à un tiers des émissions mondiales, ce secteur doit évoluer vers des pratiques plus sobres.

L’adaptation : faire face aux impacts déjà là

Pour le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), l’adaptation vise à renforcer la résilience des sociétés face aux risques. Cela passe par :Des infrastructures résistantes : routes, habitations et réseaux adaptés aux inondations et aux tempêtes.

La lutte contre la montée des eaux : les petits États insulaires, comme Tuvalu, en sont les premières victimes. Certains explorent déjà des solutions de migration, comme l’Australie qui a créé un visa climatique pour les habitants menacés.

Des solutions fondées sur la nature : restauration des plages, plantation de mangroves ou encore création de zones humides pour amortir les chocs climatiques.

Des moyens financiers inégalement répartis

Si l’atténuation capte l’essentiel des financements climatiques (91 % en 2021 et 2022), l’adaptation reste largement sous-financée. Les pays industrialisés disposent des ressources nécessaires mais tardent à assumer leur responsabilité historique.

Les pays les moins avancés et les petites nations insulaires manquent de moyens, malgré leur forte exposition aux chocs climatiques.Le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) est critiqué pour privilégier les priorités du Nord, comme la réduction des émissions, plutôt que le renforcement des capacités d’adaptation du Sud.

L’atténuation et adaptation sont deux leviers interdépendants. Réduire les émissions permet de limiter les besoins futurs d’adaptation, tandis que développer des infrastructures résilientes libère des ressources économiques pour investir dans la transition énergétique.« L’humanité a échoué à prévenir l’aggravation de la crise climatique, mais l’avenir n’est pas encore écrit.

Atténuer pour limiter les dégâts et s’adapter pour protéger les plus vulnérables : c’est seulement en combinant ces deux approches que nous pourrons préserver un avenir viable sur Terre », rappellent les experts du GIEC.

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