Climat & environnement

Changement climatique et violence sexiste : des femmes en première ligne

Alors que la planète se réchauffe, les femmes et les filles subissent des formes de violence de plus en plus extrêmes.

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 28 août 2025 · 2 min de lecture

Changement climatique et violence sexiste : des femmes en première ligne

Alors que la planète se réchauffe, les femmes et les filles subissent des formes de violence de plus en plus extrêmes. Une note de l’Initiative Spotlight des Nations Unies, complétée par des témoignages partagés sur les réseaux sociaux, montre que le climat amplifie les vulnérabilités existantes.

Le réchauffement, les sécheresses, les inondations et les catastrophes aggravent la précarité et exposent les femmes à des violences physiques, sexuelles et psychologiques accrues.

Le climat intensifie des violences déjà existantes

Près d’une femme sur trois a subi une violence physique ou sexuelle, souvent de la part de son partenaire, selon l’ONU. Mais ces chiffres sont largement sous-estimés : de nombreux cas restent invisibles en raison de la stigmatisation ou de l’accès limité aux services.

Chaque augmentation de 1 °C pourrait accroître de 4,7 % la violence, et d’ici 2090, 10 % des violences conjugales pourraient être directement liées au changement climatique.La Corne de l’Afrique en offre un exemple concret. Entre 2020 et 2023, des cycles extrêmes de sécheresse ont détruit cultures et élevages, entraînant une insécurité alimentaire profonde. Des familles ont alors marié leurs filles dès l’âge de 12 ans à des hommes beaucoup plus âgés, selon Andy Brooks, conseiller régional de l’UNICEF pour la protection de l’enfance en Afrique de l’Est et Australe.

À Hawaï, après les incendies de 2023 à Lahaina, une étude a montré qu’une femme sur six de la communauté philippine s’est sentie obligée d’accepter des rapports sexuels pour obtenir des besoins essentiels.

Plus de 50 % ont signalé des conflits accrus à la maison, et 21 % se sentaient en danger dans les lieux de refuge.Ces données montrent que les catastrophes environnementales ne sont pas neutres : elles exacerbent les facteurs sociaux et économiques déjà défavorables aux femmes, de l’insécurité financière à la perte de logement, en passant par la marginalisation systémique.

Silence, marginalisation et inégalités

Malgré ces preuves, moins de 0,04 % des financements liés au climat sont consacrés à l’égalité de genre. Les défenseures des droits humains environnementaux, les journalistes et les élues sont exposées à des violences ciblées, souvent sexuelles et misogynes, pour les réduire au silence. Volker Türk, Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme, précise :”Ces actes sont délibérés, dirigés contre celles qui défient les normes traditionnelles et sociales.

Ils sont sexistes, sexualisés et misogynes, cherchant à écraser l’activisme des femmes et des filles.”Les femmes autochtones, rurales, migrantes ou vivant dans des zones vulnérables au climat sont particulièrement exposées. Les intersections avec le handicap, l’âge ou l’orientation sexuelle aggravent encore leur situation.

Vers une justice climatique féministe

Le lien entre violence sexiste et changement climatique est clair : aucune transition écologique ne peut réussir sans protection et inclusion des femmes. Les rapports officiels et témoignages en ligne convergent : intégrer la prévention de la violence sexiste à toutes les politiques climatiques est indispensable.Il est urgent de protéger les femmes et de donner aux défenseures des droits humains environnementaux les moyens de participer aux décisions climatiques.

Les gouvernements, ONG et citoyens doivent agir : renforcer la résilience des communautés, financer l’égalité de genre, et protéger celles qui risquent le plus. Car ignorer ces enjeux, c’est condamner la moitié de l’humanité à la précarité et à la violence.

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