Climat & environnement

Afrique centrale : le dérèglement climatique menace les ressources en eau et la sécurité alimentaire

L’Afrique centrale fait face à une crise hydrique croissante. Selon une étude menée par des scientifiques africains et publiée fin septembre 2025 dans Earth System Environment, la région pourrait connaître d’ici la fin…

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 3 novembre 2025 · 2 min de lecture

Afrique centrale : le dérèglement climatique menace les ressources en eau et la sécurité alimentaire

L’Afrique centrale fait face à une crise hydrique croissante. Selon une étude menée par des scientifiques africains et publiée fin septembre 2025 dans Earth System Environment, la région pourrait connaître d’ici la fin du siècle une baisse drastique des précipitations et une hausse importante des températures, compromettant les ressources en eau, l’agriculture pluviale et la sécurité alimentaire des populations.

Les chercheurs, réunis dans le cadre du Laboratoire Mixte International (LMI) « Nexus Eau-Climat-Énergie-Agriculture », ont modélisé l’évolution du climat régional à partir de deux scénarios. Le premier, RCP2.6, suppose une réduction ambitieuse des émissions de gaz à effet de serre ; le second, RCP8.5, envisage leur poursuite à un rythme élevé. Les résultats montrent que sans politiques climatiques fortes, le scénario pessimiste reste le plus probable.


Une région sous pression climatique

L’Afrique centrale, souvent moins étudiée que ses voisines de l’Ouest ou du Sud, se distingue par une biodiversité exceptionnelle et une forte dépendance à l’agriculture pluviale. Selon Arona Diedhiou, climatologue à l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), les populations de la région sont déjà exposées à la variabilité des précipitations et à la hausse des températures : « Ces changements accentuent le stress hydrique, la sécheresse et l’insécurité alimentaire ».

Les projections de l’étude indiquent que les précipitations pourraient chuter jusqu’à 40 % dans plusieurs pays, notamment au Tchad, au Cameroun, en République centrafricaine, au Congo, au Gabon et en Angola.

Dans le même temps, les températures pourraient grimper de 3 à 4 °C, aggravant l’évaporation des sols et réduisant leur humidité de près de 40 %. Ces bouleversements menacent directement la production agricole et la disponibilité de l’eau potable.


Des politiques d’adaptation urgentes

Le chercheur camerounais Thierry C. Fotso Nguemo, du Laboratoire de recherche sur les changements climatiques de Yaoundé, insiste sur l’importance d’agir rapidement : « Dans le scénario RCP8.5, l’étendue spatiale des zones arides pourrait augmenter de 25 %. Il est urgent d’adopter des politiques qui limitent le réchauffement vers une trajectoire similaire au scénario RCP2.6 ».

Alors que la Conférence des Nations Unies sur le climat (COP30) se tiendra en novembre 2025 à Belém, au Brésil, les scientifiques appellent à inclure davantage les pays les plus vulnérables dans les négociations.

Le sort de millions de personnes dépendra de la capacité collective à atténuer les effets du réchauffement et à renforcer la résilience des systèmes hydriques et agricoles africains.

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