
Une étude parue dans “Nature Reviews Earth and Environment”(février 2025) alerte : avec 2°C de réchauffement d’ici 2050, les zones où la chaleur dépasse les limites physiologiques humaines tripleraient, affectant une surface équivalente aux États-Unis. À +4°C, 60% des terres deviendraient hostiles aux seniors.
Actuellement, seuls 2% des territoires exposent les adultes en bonne santé à des stress thermiques critiques.
Ce risque bondirait à 6%, tandis qu’un tiers des régions deviendraient dangereuses pour les plus de 60 ans. Rappel tragique : les canicules européennes de 2003 et 2022 ont chacune emporté plus de 60 000 vies.
L’Afrique subsaharienne et l’Asie du Sud paieront le plus lourd tribut. L’humidité aggravante – comme aux Philippines en 2024 (45°C ressentis pour 39°C réels) – rend ces régions vulnérables même avant la mousson. « Le changement climatique transforme les canicules en crise sanitaire mondiale », souligne Benjamin Sultan, climatologue à l’IRD.
La revue “The Lancet” confirme l’urgence : en 2023, la mortalité caniculaire des seniors a doublé sous l’effet du dérèglement climatique. « Chaque 0,1°C évité réduit l’exposition », rappelle Tom Matthews (King’s College), citant le GIEC : limiter le réchauffement à 1,5°C au lieu de 2,7°C diviserait par cinq les populations en danger.
« Ce n’est plus une question de vulnérabilité individuelle, mais de résilience collective », conclut Benjamin Sultan. Un avertissement chiffré qui sonne comme un ultimatum climatique.

