Droits des femmes

Une zone humide sur cinq pourrait disparaître d’ici 2050 : l’humanité joue avec son souffle de vie

Depuis 1970, 22 % des zones humides de la planète ont disparu, soit l’équivalent de 411 millions d’hectares rayés par l’urbanisation, l’agriculture, la pollution et le réchauffement climatique.

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 18 août 2025 · 2 min de lecture

La mangrove à marée basse sur l’île de Shaheed Dweep, dans l’archipel Ritchie qui appartient à l’Inde. – © Vyacheslav Argenberg / http://www.vascoplanet.com


Depuis 1970, 22 % des zones humides de la planète ont disparu, soit l’équivalent de 411 millions d’hectares rayés par l’urbanisation, l’agriculture, la pollution et le réchauffement climatique. Si rien n’est fait, un cinquième de celles qui subsistent pourrait disparaître d’ici 2050. Une hécatombe silencieuse, alors que ces écosystèmes sont vitaux pour la biodiversité, la sécurité alimentaire et la lutte contre le changement climatique.

Des poumons bleus en voie d’extinction

Marais, mangroves, tourbières, récifs coralliens Autant d’écosystèmes que l’on croyait éternels et qui s’effondrent sous la pression humaine. Selon le rapport mondial sur les zones humides publié le 15 juillet 2025, une zone sur quatre est déjà en mauvais état écologique. Ces espaces jouent pourtant un rôle crucial : ils filtrent et stockent l’eau douce, limitent les sécheresses et inondations, abritent une biodiversité unique (poissons, crustacés, oiseaux, mollusques) et représentent des puits de carbone irremplaçables.

Le paradoxe est criant : sauver les zones humides coûterait entre 275 et 550 milliards de dollars par an, alors qu’elles rapportent près de 39 000 milliards de dollars chaque année à la société par les services qu’elles rendent. Au-delà des chiffres, leur disparition aggrave la pauvreté rurale, menace les cultures vivrières comme le riz et frappe en premier lieu les femmes.

Dans de nombreuses régions d’Afrique et d’Asie, ce sont elles qui assurent la collecte de l’eau et la gestion des ressources locales. Leur invisibilisation dans les politiques climatiques accentue cette double peine : elles portent le poids du dérèglement, mais n’ont pas toujours voix au chapitre.

Un enjeu de justice universelle

La disparition des zones humides n’est pas seulement une crise écologique, c’est une atteinte aux droits humains. Ces espaces sont le socle de la vie, un patrimoine commun qui protège aussi bien les deltas africains que les archipels asiatiques.

Laisser mourir les zones humides, c’est sacrifier des générations entières sur l’autel d’une croissance aveugle. La prochaine Conférence des parties à la Convention sur les zones humides, prévue à Victoria Falls (Zimbabwe), pourrait être le tournant où les États choisiront entre indifférence ou courage.

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