Droits des femmes

Quand le privilège masculin s’approprie de la création féminine

Quand une femme écrit, on l’efface et c’est le cas Diana Katalayi Ilunga face à Guillaume Musso Diana Katalayi Ilunga, autrice noire et immigrée, affirme que le dernier roman de Guillaume Musso reprend l’intrigue de son…

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 6 juillet 2025 · 2 min de lecture

@Diana Katalayi




Quand une femme écrit, on l’efface et c’est le cas Diana Katalayi Ilunga face à Guillaume Musso

Diana Katalayi Ilunga, autrice noire et immigrée, affirme que le dernier roman de Guillaume Musso reprend l’intrigue de son propre manuscrit, envoyé deux ans plus tôt à la même maison d’édition. Une affaire qui relance les débats sur l’invisibilisation des femmes racisées dans le monde littéraire.

Diana Katalayi Ilunga dit avoir « suffoqué » en découvrant le dernier roman de Guillaume Musso. Ce n’était pas une admiration de lectrice, mais un choc : selon elle, l’intrigue de ce livre publié récemment par l’écrivain le plus lu de France ressemble fortement à celle de son propre manuscrit, envoyé en 2021 à une maison d’édition qui se trouve être aussi celle de Musso.

Aucune réponse ne lui avait été faite à l’époque. Pas de refus, pas d’échange, juste le silence. Deux ans plus tard, elle reconnaît dans un roman à succès des personnages, des situations et une trame proches de son texte initial. Elle évoque un sentiment d’injustice, mais surtout d’effacement, renforcé par sa condition de femme, noire, immigrée, et peu connue.

« Je ne veux pas juste dénoncer. Je veux qu’on entende ce que cela dit sur la place qu’on réserve aux femmes comme moi dans le milieu littéraire », confie-t-elle dans plusieurs publications relayées sur les réseaux sociaux.

Le procès est pour le 10 juillet et nous sommes le 07 aujourd’hui.

Pour de nombreuses militantes féministes, cette affaire n’est pas un cas isolé. Elle reflète des mécanismes structurels de mépris, d’invisibilisation et d’appropriation dont sont régulièrement victimes les femmes racisées, notamment dans les milieux culturels dominés par des figures masculines blanches.

Ce n’est pas seulement un manuscrit qu’on a ignoré. C’est une voix qu’on a tue.


À travers ce constat, Diana Katalayi Ilunga soulève une question plus large : combien d’autrices issues de la diversité voient leurs récits récupérés, modifiés, publiés sans jamais être citées ni reconnues ?

Guillaume Musso, de son côté, n’a pour l’instant fait aucun commentaire public. La maison d’édition concernée garde également le silence.

Ce n’est pas seulement une affaire littéraire. C’est une alerte.
Quand une femme noire envoie son manuscrit, on l’ignore.
Quand un homme blanc le publie, on l’applaudit.
Cette affaire ne fait pas que relancer un débat : elle révèle un système où l’effacement des femmes racisées est institutionnalisé, silencieux, et trop souvent impuni.

Car derrière cette histoire, il y a une réalité persistante : les talents féminins racisés sont souvent lus avec soupçon, publiés avec frilosité, puis oubliés jusqu’à ce qu’un nom connu s’en inspire.

Bienvenue LOKOSSOU

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