Lepa Radić, 17 ans, a défié les nazis jusqu’à la mort, refusant de trahir ses compagnons résistants. Une figure de courage et d’engagement qui questionne les représentations du rôle des femmes en temps de guerre.
Le 8 février 1943, à Bosanska Krupa, une adolescente yougoslave de 17 ans monte sur l’échafaud. Son nom : Lepa Svetozara Radić, combattante de la résistance communiste contre l’occupation nazie en ex-Yougoslavie.
Peu avant son exécution, les nazis lui offrent la vie sauve en échange des noms de ses compagnons d’armes. Elle refuse. Ses derniers mots sont clairs : « Je ne suis pas une traîtresse pour mon peuple. Ceux que vous demandez se révéleront quand ils auront réussi à vous anéantir tous, malfaiteurs, jusqu’au dernier homme. »Loin d’un simple récit héroïque, le destin de Lepa Radić met en lumière la place trop souvent effacée des femmes dans les mouvements de résistance, et plus largement, dans l’histoire des luttes politiques et sociales.
Née en 1925 à Bosanska Gradiška, Lepa est issue d’une famille engagée. Très jeune, elle rejoint la Ligue de la jeunesse communiste de Yougoslavie, et participe activement à la lutte armée contre les forces d’occupation. Arrêtée par les Allemands en 1943, elle est torturée, jugée et pendue en public pour l’exemple. Son courage devient un symbole.
Aujourd’hui, Lepa est reconnue à titre posthume comme héroïne nationale en Serbie, mais son nom reste méconnu à l’échelle internationale. Pourtant, son histoire résonne avec les idéaux féministes contemporains : autodétermination, courage, refus de l’oppression, loyauté envers ses convictions et solidarité dans la lutte.
À l’heure où les combats pour les droits des femmes se poursuivent à travers le monde, la mémoire de figures comme Lepa Radić rappelle que le féminisme ne se résume pas à un discours, mais peut se vivre jusqu’au sacrifice. Une mémoire nécessaire, à faire revivre dans les récits, les enseignements et les combats d’aujourd’hui.



