
Ce 14 août 2025, Assa Traoré a publié sur Instagram le témoignage de Christelle V., 29 ans, étudiante en droit et coach sportive, affirmant avoir subi un plaquage ventral violent par la police à Saint-Gratien en novembre 2024. Entre propos sexistes, racistes et accusations judiciaires, cette affaire met en lumière les violences spécifiques vécues par les femmes noires en France.
Ce jeudi 14 août 2025, une vidéo et un long témoignage publiés par Assa Traoré sur Instagram font réagir des dizaines de milliers d’internautes. La militante antiraciste y relaie l’histoire de Christelle V., 29 ans, étudiante en Master 2 de droit et coach sportive, qui accuse plusieurs policiers de l’avoir violemment interpellée à Saint-Gratien (Val-d’Oise) le 16 novembre 2024.
Selon son récit, elle se rendait au gymnase pour récupérer les enfants qu’elle entraîne au basket lorsqu’une policière l’accuse d’un “tchip”. “Quelques secondes plus tard, plusieurs policiers arrivent, main sur leur arme”, raconte-t-elle. Son téléphone est arraché, son moteur coupé, son poignet tordu. Tentant d’appeler un proche, elle est sortie de force de sa voiture et plaquée au sol. “J’étouffais. Pour respirer, j’ai mordu un policier.”
Sexisme, racisme et risque judiciaire
Christelle affirme avoir subi, lors de son interpellation et en garde à vue, des remarques sexistes et racistes. Elle cite les propos d’un policier de la BAC : “T’es née au Cameroun… Les femmes noires ont de belles formes… J’adore les femmes noires et vos formes…”, tenus alors qu’il la tenait, bras autour d’elle, sous le silence des autres agents.
Placée six heures en garde à vue, elle est poursuivie pour refus d’obtempérer, rébellion, outrage et violences. Elle risque cinq ans de prison et 45 000 euros d’amende. Son procès est fixé au 23 décembre 2025.
Christelle a porté plainte et saisi l’IGPN, sans réponse à ce jour. Selon elle, son avocat l’a prévenue que, sans médiatisation, “l’affaire serait étouffée”.
Un cas qui illustre la “misogynoir”
Pour de nombreuses militantes féministes et antiracistes, cette affaire illustre la “misogynoir” un terme qui désigne la combinaison du racisme et du sexisme subie spécifiquement par les femmes noires. “Je me bats pour ma dignité. Personne ne devrait vivre ça”, conclut Christelle dans le témoignage relayé par Assa Traoré.
La publication, vue des dizaines de milliers de fois en quelques heures, relance le débat sur les violences policières et l’impunité perçue des auteurs présumés, en particulier lorsqu’elles visent des femmes racisées.
Un combat qui dépasse les frontières
L’affaire Christelle V. ne se résume pas à un “fait divers” français : elle s’inscrit dans une réalité universelle où les femmes, particulièrement noires, sont plus exposées aux violences d’État, aux abus policiers et aux humiliations sexuelles. Dans de nombreux pays des États-Unis au Brésil, du Nigeria en France . On parle d’universalité des droits de l’Homme. En tant qu’un individu, nous sommes chez nous peu importe où nous nous retrouvions mais cela a toujours été une leurre pour certaines franges de la population.

Les récits de femmes noires violentées par les forces de l’ordre se répètent, souvent dans l’indifférence générale. Ce cas met en lumière l’urgence de défendre, partout, le droit des femmes à vivre libres de toute violence, et de rappeler que les droits humains ne connaissent ni couleur de peau, ni frontière, ni hiérarchie.


