La défenseure des droits humains Dieynaba N’Diom a été arrêtée le 28 novembre à Nouakchott lors d’une manifestation pacifique commémorant le 35ᵉ anniversaire du massacre d’Inal. Quatre jours plus tard, elle reste détenue, suscitant une mobilisation féministe sans précédent en Afrique de l’Ouest.
Une arrestation qui secoue le mouvement féministe ouest-africain
Déférée ce mardi 2 décembre 2025 au tribunal de Nouakchott-Ouest avec plusieurs autres militants, Dieynaba N’Diom, figure emblématique du Réseau des féministes d’Afrique de l’Ouest, est devenue en quelques heures le symbole d’une lutte qui dépasse les frontières mauritaniennes.
Depuis son arrestation, des vagues de messages inondent les réseaux sociaux.
Le mot-dièse #LibérezDieynaba est devenu viral, porté par des militantes de la sous-région qui exigent sa libération et dénoncent la criminalisation des femmes engagées dans la défense des droits humains.
Pour ces militantes, cette arrestation n’est pas un fait isolé, mais le reflet d’une réalité persistante : celle d’une répression qui frappe particulièrement les femmes lorsqu’elles osent revendiquer vérité et justice.
Un combat pour la mémoire et la liberté
Les manifestations du 28 novembre, jour de la fête nationale mauritanienne, visaient à commémorer les 28 militaires afro-mauritaniens exécutés à Inal en 1990. À Nouakchott, comme dans plusieurs villes du sud du pays, les rassemblements se sont déroulés pacifiquement avant d’être dispersés par les forces de l’ordre.
Des organisations nationales et internationales, dont Amnesty International et UN Women, ont dénoncé ce qu’elles considèrent comme une atteinte grave aux libertés publiques et appellent à la libération immédiate de toutes les personnes interpellées.
Alors que Dieynaba N’Diom passe sa quatrième nuit en détention, la mobilisation ne faiblit pas. Dans les rues comme sur les réseaux, sa voix résonne à travers celles de milliers de femmes africaines décidées à défendre le droit de militer sans peur et à rappeler que la liberté d’expression n’est pas un privilège, mais un droit fondamental.
En Mauritanie, la lutte pour la justice des femmes rejoint désormais celle de la mémoire nationale. Et dans le visage de Dieynaba N’Diom, c’est toute une génération de militantes qui refuse de se taire.



