
En Afrique subsaharienne, la montée des températures liée au changement climatique expose les femmes enceintes à des risques sanitaires majeurs. Faible poids à la naissance, accouchements prématurés et complications périnatales sont parmi les conséquences observées.
Par LOKOSSOU Mèssomahu Bienvenue
Les fortes chaleurs, devenues de plus en plus fréquentes en Afrique de l’Ouest, ne sont pas sans conséquences sur la santé. Une catégorie particulièrement vulnérable attire aujourd’hui l’attention des scientifiques et des professionnels de santé : les femmes enceintes. Selon un article publié par SciDev.net, ces températures extrêmes augmentent le risque de fausses couches, d’accouchements prématurés et de problèmes de développement du fœtus.
> « L’exposition prolongée à la chaleur peut entraîner une déshydratation sévère, une baisse de la tension artérielle et une réduction de l’apport d’oxygène au fœtus », explique Dr Fatima Tounkara, gynécologue-obstétricienne à Bamako, citée par SciDev.net.
Des effets déjà visibles
Une étude menée en 2023 par l’organisation Climate Central, relayée par SciDev.net, révèle que plus de 30 jours supplémentaires de chaleur extrême ont été enregistrés chaque année dans certaines zones d’Afrique subsaharienne. Cette situation aggrave les conditions de grossesse, notamment dans les milieux ruraux et précaires, où l’accès à la climatisation, à l’eau potable et aux soins prénataux est limité.
Dans ces régions, de nombreuses femmes n’ont pas les moyens de se protéger efficacement contre les effets de la chaleur. Les logements sont souvent surchauffés, mal ventilés et construits avec des matériaux qui emmagasinent la chaleur.
Une menace silencieuse pour le nouveau-né
Les effets des vagues de chaleur ne s’arrêtent pas à la mère. Les bébés exposés in utero à des températures extrêmes présentent un risque accru de mortalité néonatale, de faible poids de naissance et de troubles de développement. D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), la chaleur intense peut provoquer des contractions prématurées, des malaises et une diminution du liquide amniotique, affectant directement le bien-être du bébé. L’OMS recommande aux femmes enceintes de limiter leurs déplacements durant les périodes chaudes, de boire beaucoup d’eau et de rester dans des lieux ombragés ou ventilés.
Des réponses encore insuffisantes
Malgré ces alertes, la prise en compte des risques liés à la chaleur dans les politiques de santé maternelle reste insuffisante dans de nombreux pays africains. Très peu de programmes de santé reproductive intègrent actuellement les enjeux climatiques. Pourtant, selon plusieurs ONG, la question devient urgente. La plateforme Terre et Femme plaide pour une meilleure sensibilisation des femmes enceintes, des sages-femmes et des agents de santé communautaires aux effets du climat sur la grossesse.
> « La justice climatique passe aussi par la protection des mères et des enfants. C’est une urgence sanitaire autant que sociale », estime Nelly Adjovi, coordinatrice santé au sein de l’initiative.
## Vers des politiques plus inclusives
Pour répondre efficacement à ce défi, plusieurs pistes sont proposées par les experts : intégrer la dimension climatique dans les soins prénataux, créer des espaces de fraîcheur dans les centres de santé, former le personnel médical à la gestion des effets de la chaleur, et encourager la recherche locale pour mieux comprendre les spécificités régionales.
En attendant des mesures concrètes, les spécialistes appellent à renforcer les messages de prévention et à adapter les infrastructures de santé aux nouvelles réalités climatiques.
Source principale : SciDev.net, “Les fortes chaleurs : un danger pour la femme enceinte et son bébé”, publié en juillet 2025.
🔗 Lire l’article complet : [SciDev.net](https://www.scidev.net/afrique-sub-saharienne/news/les-fortes-chaleurs-un-danger-pour-la-femme-enceinte-et-son-bebe)


