Jessica Cox, Américaine née sans bras, est devenue la première personne au monde à obtenir une licence de pilote sportif en utilisant exclusivement ses pieds. Récompensée par le Guinness World Records, elle incarne aujourd’hui un symbole majeur pour l’inclusion des femmes en situation de handicap dans l’aviation, un secteur encore très masculin.
Née sans membres supérieurs, Jessica Cox a obtenu sa licence en pilotant un ERCO 415-C Ercoupe, un avion léger dont les commandes couplées éliminent les pédales de direction. Cette configuration lui permet de manier le manche avec l’un de ses pieds et de contrôler les gaz avec l’autre.
Son parcours, souvent présenté comme une prouesse individuelle, s’inscrit pourtant dans un enjeu collectif : celui de la place des femmes handicapées dans des environnements techniques et traditionnellement masculins.Bien au-delà de son record, Jessica Cox mène un plaidoyer actif pour une aviation plus inclusive.
À travers sa fondation RightFooted, elle sensibilise les institutions aéronautiques, soutient des projets pédagogiques et multiplie les interventions sur la représentation des femmes handicapées dans les métiers de l’air. Elle pilote également un projet innovant : la construction d’un avion RV-10 entièrement manoeuvrable avec les pieds, conçu pour élargir les possibilités de formation.
Une figure emblématique de la lutte contre le capacitisme
Le parcours de Jessica Cox rappelle les obstacles auxquels les femmes handicapées continuent de faire face dans les secteurs techniques. Son expérience met en lumière les limites du capacitisme et la nécessité d’adapter les environnements professionnels plutôt que de restreindre l’accès à certains corps.
Pour de nombreuses organisations féministes, son exemple illustre la manière dont les infrastructures, les normes et les représentations peuvent exclure ou libérer.
Une réussite qui ouvre de nouvelles perspectives
En évoquant un éventuel tour du monde avec l’avion qu’elle construit, Jessica Cox entend transformer son exploit personnel en levier de changement structurel. Sa trajectoire s’impose comme un repère pour les jeunes filles en situation de handicap et un signal fort envoyé à l’industrie aéronautique : lorsque les normes évoluent, les femmes prennent de la hauteur.



