Droits des femmes

Irak : L’enfance sacrifiée, une loi fait scandale

Une coalition chiite conservatrice propose d’abaisser l’âge légal du mariage à 9 ans, menaçant les acquis des droits des femmes en Irak. Une proposition qui indigne et alerte les défenseurs des droits humains.

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 17 novembre 2024 · 2 min de lecture



Une coalition chiite conservatrice propose d’abaisser l’âge légal du mariage à 9 ans, menaçant les acquis des droits des femmes en Irak. Une proposition qui indigne et alerte les défenseurs des droits humains.

En Irak, un projet de loi suscite une vague d’indignation. Porté par une coalition de partis musulmans chiites conservateurs, ce texte controversé propose d’abaisser l’âge légal du mariage à 9 ans, légitimant ainsi les unions précoces. Une mesure qui mettrait en péril l’éducation et l’avenir de milliers de jeunes filles. Selon l’Unicef, 28 % des femmes irakiennes se marient avant 18 ans, souvent sous l’égide de chefs religieux qui contournent la loi actuelle.

« Les filles devraient pouvoir aller à l’école ou jouer, pas se marier si jeunes », alerte Sarah Sanbar, chercheuse à Human Rights Watch. Si ce projet est adopté, il marquera un retour en arrière en démantelant la loi 188 de 1959, connue pour sa protection des droits des femmes au Moyen-Orient.

Un dangereux précédent

Outre l’âge légal, la loi propose de retirer aux femmes le droit au divorce, à la garde des enfants et à l’héritage. Athraa Al Hassani, avocate et militante, tire la sonnette d’alarme :

« Ce projet détruit les acquis des femmes. L’Irak est un État civilisé, il doit refuser ce recul. »

L’histoire de Shaima, 47 ans, illustre les conséquences dramatiques des mariages précoces. Mariée de force dans son enfance, elle témoigne :

« Mon père m’a vendue à un homme beaucoup plus vieux. C’était un calvaire, mais je n’avais pas le choix. »

Les manifestations contre ce texte, notamment à Bagdad en août, rappellent les luttes passées où des propositions similaires avaient échoué. Cependant, cette fois-ci, la coalition conservatrice semble plus déterminée, et le risque d’adoption est réel.

Légaliser ces unions pourrait aggraver les violences physiques et sexuelles envers les filles et compromettre leur accès aux soins et à l’éducation. Le Dr Renad Mansour du Chatham House souligne que cette dynamique politique est inédite et dangereuse pour les droits humains.

Face à cette menace, les défenseurs des droits des femmes appellent à une mobilisation internationale. Si ce projet passe, il marquera un tournant sombre dans l’histoire des droits humains en Irak, rappelant que la lutte pour l’égalité est loin d’être achevée.

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