Droits des femmes

Électrophorèse de l’hémoglobine : quand l’amour rencontre la responsabilité

Avant de s’engager dans une relation sérieuse ou un mariage, connaître son état de santé et celui de son partenaire n’est pas un luxe, mais une nécessité.

Par awudokpo · Publié le 11 novembre 2025 · 3 min de lecture

Test d’électrophorèse

Avant de s’engager dans une relation sérieuse ou un mariage, connaître son état de santé et celui de son partenaire n’est pas un luxe, mais une nécessité. Parmi les examens essentiels figure celui de l’électrophorèse de l’hémoglobine, un test simple mais capital, qui permet de prévenir la drépanocytose et d’autres maladies génétiques graves.

Un test vital pour prévenir la drépanocytose

« L’électrophorèse de l’hémoglobine permet aux couples de faire des choix éclairés pour prévenir la transmission de maladies graves comme la drépanocytose », explique le Dr Jean-Georges Grimaud, médecin généraliste.

Cette maladie, également appelée anémie falciforme, altère la structure de l’hémoglobine et provoque des crises douloureuses, une anémie chronique, des infections fréquentes et, parfois, des complications mortelles.

En Afrique subsaharienne, la drépanocytose reste un véritable fléau : jusqu’à 90 % des enfants atteints décèdent avant l’âge de cinq ans faute de prise en charge adéquate. Chaque année, près de 200 000 décès sont enregistrés, soit plus que le nombre causé par la COVID-19 sur le continent.

Compatibilité génétique : un enjeu de couple

Les combinaisons possibles

La compatibilité entre deux partenaires repose sur leur statut génétique. Selon Charlenne Zossou, technicienne supérieure de laboratoire médical au CHUD-OP, « S’il n’y a pas compatibilité, la santé de l’enfant à naître est menacée. »

Les couples doivent connaître leur profil, AA, AS, SS, AC, SC, afin d’éviter les combinaisons à risque telles que AS + AS, AS + SS, ou SS + SC, susceptibles d’engendrer des enfants drépanocytaires.

Le Dr Grimaud insiste : « Faire le test avant un engagement sérieux ou au début de la relation permet d’éviter des attachements douloureux plus tard. L’amour est beau, mais il gagne à être lucide. »

Ainsi, le test d’électrophorèse ne doit pas être perçu comme une épreuve de méfiance, mais comme un acte de responsabilité envers la vie à venir.

Quand l’ignorance brise des vies

Pour Mohamed Ali, commerçant à Abomey-Calavi, le manque d’information a eu un coût tragique : « J’ai perdu des enfants pour ça… et mon premier mariage aussi. »

Son témoignage illustre la douleur vécue par de nombreux couples qui découvrent trop tard leur incompatibilité génétique.
Selon Oriane Houndotossi, technicienne supérieure d’analyse médicale, « Donner naissance à un enfant drépanocytaire, c’est le condamner à une vie de souffrance et à des dépenses sans fin. »

Certains couples incompatibles tentent d’avoir recours à la procréation médicalement assistée avec sélection embryonnaire, mais cette option reste peu accessible dans de nombreux pays africains.

Faut-il rendre le test obligatoire ?

Les avis divergent, mais la plupart des spécialistes s’accordent sur la nécessité de renforcer la sensibilisation.

« Rendre le test obligatoire pourrait sensibiliser, mais il faut aussi accompagner cette mesure par une éducation sanitaire et des conseils adaptés pour respecter la liberté des couples », souligne le Dr Grimaud.

Oriane Houndotossi plaide, elle, pour une intégration du test dans les démarches administratives : « Il devrait être exigé avant le mariage ou même pour l’établissement de la carte d’identité, afin que chacun connaisse sa compatibilité. »

Aimer, c’est aussi protéger

Avant l’amour, il faut faire votre test

L’électrophorèse de l’hémoglobine n’est pas un obstacle à l’amour ; c’est un outil pour aimer avec conscience et lucidité.
Comme le rappelle Charlenne Zossou :  «L’électrophorèse ne tue pas l’amour. Elle sauve des enfants, elle sauve des cœurs, elle évite les regrets. Faites le test. Aimez intelligemment.»


Souvenir ZANNOU

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