
Ă€ Paris, l’étude dĂ©nombre 373 dĂ©cès liĂ©s Ă la canicule, dont 138 auraient Ă©tĂ© Ă©vitĂ©s si l’humain n’avait pas rĂ©chauffĂ© la planète. – Flickr / CC BY-NC-ND 2.0 / Philippe Gillotte
Une étude scientifique met en lumière le rôle déterminant du dérèglement climatique dans les décès survenus lors de la canicule de juin 2025, touchant plusieurs grandes villes européennes, dont Paris, Milan et Lisbonne.
Entre le 23 juin et le 2 juillet 2025, l’Europe a connu une vague de chaleur particulièrement meurtrière. Selon une analyse menée par un collectif de onze chercheurs, 1 500 des 2 300 décès recensés durant cette période sont directement attribuables à l’élévation des températures liée à l’activité humaine.
L’étude, qualifiée d’« évaluation rapide », s’est concentrée sur douze métropoles européennes. Les auteurs y ont comparé les données réelles à des projections simulant un climat sans l’empreinte du réchauffement provoqué par la combustion d’énergies fossiles. Les résultats montrent que les vagues de chaleur auraient été de 2 à 4 °C moins intenses, rendant les conséquences sanitaires bien moindres.
À Paris, les chiffres sont particulièrement marquants : 373 décès y ont été recensés, dont près de 140 auraient pu être évités dans un monde sans dérèglement climatique. Ce constat rejoint celui des autres capitales analysées, où les personnes âgées — en particulier celles de plus de 85 ans — ont payé le plus lourd tribut.
Les villes sont identifiées comme zones de forte vulnérabilité face à ces phénomènes. « Les centres urbains sont des foyers de chaleur extrême. Il est urgent de repenser leur aménagement : multiplier les espaces végétalisés, isoler les logements, adapter les infrastructures », soulignent les scientifiques.
Si Lisbonne a connu une situation légèrement moins affectée par le changement climatique, toutes les autres villes observées ont vu leur exposition augmenter de manière significative. L’intensité et la précocité de cet épisode caniculaire dépassent les normes habituelles, avec des répercussions qui ne se limitent pas à la santé : les incendies de forêt, les tensions sur les services de secours et les surcharges électriques sont autant de signes que le climat devient un facteur de risque systémique.
Cette nouvelle alerte s’ajoute à une série de signaux déjà préoccupants émis depuis plusieurs années. Elle confirme que la crise climatique ne se mesure pas uniquement en degrés, mais aussi en vies humaines.


