Femmes impactantes

Antoinette Béavogui : Une voix forte contre l’excision en Guinée

Un engagement né d’une expérience personnelle En Guinée, où les mutilations génitales féminines (MGF) touchent encore une majorité de femmes, Antoinette Béavogui incarne l’espoir d’un changement durable.

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 1 février 2025 · 2 min de lecture

Antoinette Béavogui : Femme mentor



Un engagement né d’une expérience personnelle

En Guinée, où les mutilations génitales féminines (MGF) touchent encore une majorité de femmes, Antoinette Béavogui incarne l’espoir d’un changement durable. À 32 ans, cette sage-femme originaire de N’zérékoré s’est donné pour mission de lutter contre cette pratique néfaste en sensibilisant familles et jeunes filles sur ses dangers.

« Depuis mon enfance, j’ai vu des filles de mon entourage être victimes de l’excision. Personne ne nous expliquait à quel point cela pouvait détruire une vie », confie-t-elle. Déterminée à agir, elle s’est engagée dans un programme national de mentorat et parcourt aujourd’hui les villages pour accompagner les communautés vers l’abandon de cette tradition.

Sensibiliser pour protéger les filles

Antoinette intervient directement au sein des familles, là où les décisions se prennent. Ce matin-là, elle est accueillie par la famille Bavogui, qui a fait le choix courageux de renoncer à l’excision.

Assise face aux parents et à leurs cinq filles, elle explique avec calme et pédagogie les conséquences de cette pratique : infections, douleurs chroniques, complications lors des accouchements et impact psychologique durable.

« Nous vous accompagnons pour que vos filles puissent grandir en bonne santé, physiquement et mentalement », leur assure-t-elle. Grâce à des échanges francs, elle encourage les jeunes filles à poser des questions et à exprimer leurs craintes.

Certaines pensent encore que l’excision est un passage obligé pour être acceptée socialement. Antoinette s’emploie à déconstruire ces croyances en partageant des témoignages de filles ayant échappé à cette mutilation et poursuivi leurs études.

Une lutte collective pour un avenir sans excision

Si son engagement est parfois contesté par certains membres de la communauté attachés aux traditions, Antoinette reste convaincue de l’impact de son action. « Souvent, on m’accuse de détruire nos coutumes, mais je vois chaque jour les effets positifs dans les familles qui ont dit non à l’excision », affirme-t-elle avec détermination.

Grâce aux efforts conjoints d’Antoinette et des 2 653 autres femmes mentors en Guinée, environ 790 filles dans la région de N’zérékoré ont été protégées des MGF. Mais le combat est loin d’être terminé.

« Être une femme mentor, ce n’est pas juste un travail, c’est une mission de vie », conclut-elle. Son rêve ? Voir un jour l’excision disparaître définitivement en Guinée.

Un objectif ambitieux, mais porté par une femme dont la détermination ne faiblit pas.

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