Droits des femmes

Accès à la terre : Les femmes toujours désavantagées en Afrique malgré les progrès observés en Europe

Alors que les lois européennes assurent une égalité d’accès à l’héritage et à la propriété foncière, les femmes africaines peinent à revendiquer des droits similaires.

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 29 juillet 2025 · 2 min de lecture

Les femmes travaillent au champ




Alors que les lois européennes assurent une égalité d’accès à l’héritage et à la propriété foncière, les femmes africaines peinent à revendiquer des droits similaires. Entre avancées juridiques et réalités sociales, l’écart demeure considérable.


L’égalité des sexes en matière d’héritage et de propriété foncière est, en théorie, acquise dans de nombreux pays européens. En France, en Allemagne ou en Suède, les femmes héritent légalement à parts égales avec les hommes. Cependant, la réalité révèle des disparités persistantes. En France, seulement 26 % des exploitations agricoles sont dirigées par des femmes, selon le ministère de l’Agriculture. En Suède, les hommes détiennent deux fois plus de terres agricoles que les femmes, malgré un cadre juridique avancé.

Dans d’autres pays, comme l’Italie ou la Pologne, les traditions familiales, en particulier dans les zones rurales, favorisent les héritiers masculins, même si la loi ne le stipule pas. Un rapport du Parlement européen de 2022 souligne que « l’égalité écrite ne suffit pas à corriger les inégalités structurelles liées à la culture ou à l’éducation ».

La situation est plus préoccupante en Afrique. Selon la Banque mondiale, moins de 13 % des femmes sur le continent sont propriétaires de terres. Ce chiffre tombe à moins de 7 % au Sénégal, alors que les femmes représentent plus de 60 % de la main-d’œuvre agricole. Au Bénin, seules 5 % des exploitations agricoles sont dirigées par des femmes, d’après le Recensement Général de l’Agriculture (2023). En Éthiopie, plus de 80 % des certificats fonciers sont enregistrés au nom du mari.

La principale cause de ce déséquilibre réside dans la persistance des pratiques coutumières. Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, l’héritage des terres suit un lignage patrilinéaire. Ainsi, même lorsque les codes civils garantissent l’égalité entre les sexes, les femmes sont souvent exclues des successions foncières, au profit de leurs frères ou oncles.

Cependant, des efforts sont en cours. Le Rwanda a adopté en 2004 une réforme foncière qui impose l’enregistrement des terres au nom des deux époux. Au Kenya, la Constitution de 2010 protège les droits fonciers des femmes. En Côte d’Ivoire et au Burkina Faso, des campagnes de sensibilisation visent à informer les femmes rurales de leurs droits.

Malgré ces initiatives, l’accès effectif des femmes à la terre reste limité. Sans titres de propriété, elles peinent à accéder aux crédits agricoles, aux subventions étatiques ou à une véritable autonomie économique. La sécurisation foncière est essentielle pour lutter contre la pauvreté, favoriser l’autosuffisance alimentaire et garantir l’égalité des chances.



L’écart entre les textes et les pratiques met en lumière un enjeu majeur de justice foncière. En Europe comme en Afrique, garantir aux femmes un accès réel à la terre demeure un chantier inachevé. Il s’agit d’un enjeu non seulement économique, mais profondément social.


Bienvenue LOKOSSOU

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