Droits des femmes

À 18 ans, elle voulait juste exister dans un monde qui ne lui laisse pas le temps

Dans la commune de Bopa, au quartier Tchanhoué, une affaire révélatrice des pressions sociales pesant sur les jeunes filles a récemment attiré l’attention.

Par Bienvenue Lokossou · Publié le 5 mai 2025 · 2 min de lecture

@Tamtam Du Mboa image

Dans la commune de Bopa, au quartier Tchanhoué, une affaire révélatrice des pressions sociales pesant sur les jeunes filles a récemment attiré l’attention. Une apprentie couturière d’environ 18 ans a été interpellée pour avoir soustrait à sa patronne une somme de 60.000 FCFA, utilisée pour financer les objets nécessaires à sa propre dot.

L’affaire, rapportée comme un simple fait divers, soulève pourtant des questions de fond sur les conditions de vie, les attentes culturelles et l’autonomie des jeunes filles dans notre société.

Poussée par une réalité qui échappe à bien des regards, cette jeune fille n’a pas volé pour s’enrichir ou par défiance, mais pour répondre à une norme sociale : se “faire doter”, condition souvent perçue comme voie d’accès à la reconnaissance et à la stabilité.

Pour L’investigateur infos, À l’interrogatoire, la jeune fille a reconnu les faits. Son compagnon, quant à lui, s’est engagé à rembourser la somme devant les autorités policières. Pendant ce temps, la jeune fille fait face à l’indignation de ses parents, contraignant celle-ci à s’installer chez la famille de son futur époux.

Derrière ce geste condamné socialement, se cache une urgence que nos sociétés doivent interroger : pourquoi une fille aussi jeune sent-elle le besoin de précipiter son entrée dans le mariage, au point de compromettre son avenir professionnel ? Combien de jeunes filles vivent sous la pression de traditions patriarcales qui valorisent le mariage plus que l’éducation, plus que l’émancipation ?

Ce cas,  dans plusieurs des cas, met en projection le besoin urgent de politiques de protection des jeunes filles, d’éducation à leurs droits, et de soutien à leur autonomie économique. Il est temps que notre société repense les fondements de la dot, et s’interroge sur les conséquences que certaines pratiques peuvent avoir sur les droits fondamentaux des filles : droit à l’éducation, droit à l’intégrité, droit à une vie digne.

Car derrière chaque histoire individuelle, il y a un système. Et ce système, nous avons le devoir de le transformer.

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